Ascenseur pour l'échafaud

Louis Malle - France - 1958 - vofr - 91' - Noir et Blanc - Numérique

Un homme assassine son patron avec l'aide de sa femme dont il est l'amant. Voulant supprimer un indice compromettant, il se retrouve bloqué dans l'ascenseur qui l'emporte sur les lieux du crime.

Critique

Louis Malle (il avait 24 ans) a conçu son premier long métrage comme un lent compte à rebours. Un homme commet un assassinat. Au moment de s’enfuir dans sa voiture, il réalise qu’il a oublié la corde qui lui a servi à grimper d’un balcon à l’autre. Il retourne sur les lieux et prend l’ascenseur. Le gardien coupe soudainement le courant pour le week-end. Le meurtrier reste coincé entre deux étages. A l’extérieur, sa maîtresse l’attend…

D’un côté, un homme enfermé ; de l’autre, une femme qui erre dans ­Paris. Entre eux : l’ombre du crime. Louis Malle alterne scènes muettes où le moindre bruit devient inquiétant et scènes pleines de bruits inutiles, qui semblent retarder l’instant où les amants pourront se voir et s’expliquer. L’intrigue policière laisse place, tout doucement, à une atmosphère à la fois morbide et sensuelle. Pour accompagner Jeanne Moreau déambulant dans les rues, la trompette de Miles Davis improvise. Elle semble exprimer le désarroi indicible de la jeune femme. Ascenseur pour l’échafaud préfigure le plus beau film de Louis Malle, Le Feu follet, où Maurice Ronet s’égare dans la douleur et se suicide.

Philippe Piazzo, Télérama

Projeté dans le cadre de

Du 13 février 2019 au 7 Mars 2019
A 25 ans, Louis Malle, né en 1932, avait déjà presque tout connu du cinéma: une Palme d'or à Cannes pour Le monde du silence, documentaire réalisé avec Jacques-Yves Cousteau; l'expérience Robert Bresson, il fut son assistant; un beau succès critique et public ave