Les derniers jours de Pompéi

Mario Bonnard, Sergio Leone - Italie, Espagne, Allemagne de l'Ouest - 1959 - vost - 93' - Couleurs

En 79 après Jésus-Christ, la population de Pompei est terrorisée par des groupes armés qui se font passer pour des Chrétiens. Craignant la colère de Rome, les autorités exigent que ceux-ci soient arrêtés, torturés et jetés aux lions. Le centurion Glaucus, dont le père a été tué par l´une de ces bandes, jure de se venger. 

Critique

Film mis sur pied par le coréalisateur de la version de 1949, Paolo Moffa, avec des capitaux italiens, américains, espagnols, allemands, français et monégasques. Son expérience sur le tournage de quelques grands péplums hollywoodiens vaut à Sergio Leone de remplacer le vétéran Mario Bonnard, tombé malade dès les premières prises de vues. Le film est tourné en Supertotalscope à Cinecittà, aux studios C. E. A. et Ballesteros à Madrid, puis en extérieurs à Manzanares el Real (Embalse de Santillana) et sur les rives du Jarama. De premier assistant, Leone devient maître d’œuvre tout en suivant à la lettre le découpage initial. Il est assisté de Sergio Corbucci qui réalise les extérieurs, le tremblement de terre et les scènes d’action, enfin de Duccio Tessari, aussi scénariste, et d’E. B. Clucher (Enzo Barboni). La peinture sur verre de Pompéi est exécutée par Mario Bava, des images de Les rendez-vous du diable (1958) d’Haroun Tazieff sont utilisées pour l’éruption. Le scénario doit être entièrement réécrit après le casting imprévu de Steve «Hercule » Reeves, pour introduire plus de jeux de muscle. Son Glaucus n’a plus rien en commun avec le libertin un peu efféminé du roman, dont l’intrigue est, elle, aussi très fortement simplifiée. Glaucus est ici la proie d’un complot terroriste fomenté par Julia, l’épouse du consul, et par Arbacès, le grand-prêtre d’Isis, pour prendre le pouvoir à Pompéi. Ensemble, ils mettent les assassinats de leurs sbires sur le compte des chrétiens. Produit par l’Opus Dei en Espagne, le film, dont le budget est modeste (un seul lion dans l’arène pour dévorer une soixantaine de victimes !), rapporte 830 millions de lires et lance la carrière de Leone. Il sera redistribué en 1977 avec Leone seul au générique, malgré ses
protestations : c’est la rançon de la gloire.
Hervé Dumont, in «L'Antiquité au cinéma»

Projeté dans le cadre de

Du 28 Janvier 2019 au 12 février 2019
Le Western ressuscité
Le Western était donné pour mort quand un cinéaste italien de péplums, dénommé Sergio Leone, le sortit de la tombe. Pour ce faire, il fit une révolution.
Du 28 Janvier 2019 au 29 Janvier 2019
Autour de Sergio Leone
Pour célébrer Sergio Leone, nous avons l'honneur de recevoir Gian Luca Farinelli, directeur de la Cineteca di Bologna, grand connaisseur de l'oeuvre et coauteur d'un livre essentiel, La Révolution Sergio Leone