
Hommage à Patricio Guzmán (1941-2026)
Hommage à Patricio Guzmán (1941-2026) avec LA BATAILLE DU CHILI dimanche 8 novembre dès 13H45!
Disparu en septembre 2026, Patricio Guzmán laisse derrière lui l’une des œuvres documentaires les plus importantes de notre temps. Les Cinémas du Grütli lui rendent hommage dimanche 8 novembre avec la projection exceptionnelle, dans son intégralité, de son œuvre monumentale : LA BATAILLE DU CHILI.
Entre 1972 et 1973, Guzmán et son équipe filment au plus près les derniers mois du gouvernement de Salvador Allende. Dans les rues, les usines, les assemblées et les manifestations, sa caméra enregistre un pays en pleine effervescence politique, mais aussi la montée des tensions qui conduiront au coup d’État militaire du 11 septembre 1973. Après l’arrestation de Guzmán et son départ en exil, les images sont sorties clandestinement du Chili. Elles donneront naissance à trois films réalisés entre 1972 et 1979 :
LA BATAILLE DU CHILI – PARTIE I : L’INSURRECTION DE LA BOURGEOISIE (1972) : dimanche 8 novembre - projection à 13H45
LA BATAILLE DU CHILI – PARTIE II : LE COUP D’ÉTAT (1975) : dimanche 8 novembre - projection à 15H45
et LA BATAILLE DU CHILI – PARTIE III : LE POUVOIR POPULAIRE (1979) : dimanche 8 novembre - projection à 17H30
Rarement le cinéma aura saisi avec une telle intensité l’Histoire au moment même où elle se produit. Mais LA BATAILLE DU CHILI est davantage qu’un document exceptionnel sur l’expérience de l’Unité populaire et sa destruction : c’est une œuvre de cinéma immense, traversée par les visages, les voix et les gestes de celles et ceux qui croient encore pouvoir transformer leur pays.
Toute l’œuvre future de Patricio Guzmán naîtra de ces images et de cette blessure originelle. Pendant plus de cinquante ans, il n’aura cessé d’interroger la mémoire de son pays et de lutter, par le cinéma, contre l’oubli.
"J’ai filmé pendant un an tout ce qui s’est passé au Chili sous le gouvernement de Salvador Allende, à Santiago et dans d’autres villes. J’ai commencé à filmer le 15 octobre 1972 et me suis arrêté le 11 septembre 1973. Le tournage a pris fin au moment de la chute du système démocratique et de la mort d’Allende. J’avais pour filmer une caméra Éclair 16 mm, deux châssis, un trépied, un enregistreur Nagra-4et un microSennheiser. Ce n’est pas un film d’archives. C’est un film documentaire tourné au moment des faits.
Le support vierge fut un apport du cinéaste français Chris Marker (44 000 pieds, équivalant à 18 heures de film). Le travail a duré sept ans en tout : un an de tournage et six de montage. Ce dernier s’est fait à l’Institut cubain de l’art et de l’industrie cinématographiques, ICAIC.
Jorge Müller Silva, directeur de la photographie et caméraman, a été séquestré par la police militaire de Pinochet en novembre 1974. On ne sait toujours pas ce qu’il est advenu de lui. C’est un des 3100 disparus de la dictature.
Federico Elton, directeur de production du film, a été emprisonné à l’École militaire dans les jours qui ont suivi le coup d’État. J’ai été emprisonné deux semaines au stade national de Santiago, menacé d’être fusillé, sans pouvoir communiquer avec l’extérieur.
Cette trilogie a fait l’objet d’une censure au Chili puisqu’elle n’a jamais été diffusée par la télévision publique et n’est jamais sortie sur les écrans chiliens. Le film a fait le tour du monde dans les années 70 et 80. Il est sorti en salles dans 35 pays. La revue Cinéaste (EU) l’a classé parmi les « dix meilleurs films politiques du monde »."
-Patricio Guzmán
Tarif plein : 10CHF / film - Les trois films peuvent être découverts indépendamment.


