La Bataille du Chili - Partie II : Le Coup d’État
Entre mars et septembre 1973, la gauche et la droite s’affrontent sur tous les terrains : dans la rue, les usines, les tribunaux, les universités, au Parlement et dans les médias. Le gouvernement de Nixon, secondé par Kissinger, continue de financer les principales grèves (celle du cuivre et celle des transports), tout en fomentant le chaos social. Allende tente de trouver un accord avec les forces politiques du centre – la démocratie chrétienne – sans y parvenir. Les contradictions de la gauche ne font qu’empirer la paralysie. Les militaires commencent à conspirer à Valparaíso. Une grande partie de la classe moyenne encourage la « désobéissance » et soutient la guerre civile. Les militaires font des descentes systématiques dans les usines à la recherche d’armes (qu’ils ne trouvent pas). Le 4 septembre, près d’un million de personnes défilent devant Allende. Sept jours plus tard, Pinochet pilonne le palais présidentiel où se trouve le chef d’État.
"Deux moments extraordinaires de la deuxième partie de La Bataille du Chili, des morceaux d’anthologie, pourrait-on dire (…) : aux accents d’une marche funèbre ont lieu les funérailles de l’aide de camp d’Allende, assassiné. La caméra glisse le long des visages. Un commentaire incisif nous invite pratiquement à lire sous ces regards fermés le putsch décisif qui se prépare. Deuxième moment historique : la gigantesque manifestation du 4 septembre 1973, une semaine avant le coup…(....) La qualité unique du Coup d’État, c’est de faire un tout, un bloc indissoluble, tournage, montage : ceux qui ont pris la responsabilité des images et des sons, l’assument jusqu’au bout (…). A tort ou à raison, il nous semble que le grand cinéma politique de l’avenir, le document politique digne de ce nom, supposent des conditions de ce type."
-Louis Marcorelles, Le Monde, Paris, mai 1976

