Sleep Dealer
Dans un futur proche où les Etats-Unis ont la main mise sur les réserves d'eaux mexicaines et où la main d'oeuvre locale, reliée par ordinateur aux entreprises de constructions américaines, travaille sur des chantiers américains tout en continuant de vivre au Mexique. Dans ce monde où le virtuel domine, trois personnes entrent en connexion par hasard et vont risquer leur vie pour échapper à leur destin.
"Le jeune cinéaste américano-péruvien Alex Rivera a réalisé une variation étonnante sur la maxime édictée par le président Porfirio Diaz (1830-1915) : "pauvre Mexique, si loin de Dieu, si près des Etats-Unis." Sleep Dealer se projette quelques années dans le futur. Le Mexique est désormais séparé des Etats-Unis par un mur hermétique. Les candidats à l'emploi dans les usines du Nord n'ont plus besoin de passer le Rio Bravo. Il leur suffit de se faire implanter dans l'avant-bras des interfaces qui connectent leur organisme au réseau mondial et de se faire embaucher dans des maquileras virtuelles, où, harnachés de senseurs, les yeux voilés de lentilles qui les aveuglent tout en leur montrant le pays qui leur est désormais interdit, il conduisent à distance des engins de travaux publics ou occupent un poste sur une chaîne de montage. (...) Cet enfer futuriste exagère à peine les traits de notre monde contemporain, et les malheurs de Memo sont plus inattendus mais ni plus ni moins douloureux que ceux des clandestins que filmait Ken Loach dans Bread and Roses."
- Thomas Sotinel, Le Monde

