Le Vagabond de Tokyo
Yakuza intrépide et redouté, le jeune Tetsu montre une loyauté sans faille envers le chef de son clan, Kurata, alors que celui-ci décide de se ranger et de dissoudre son gang pour mener une vie honnête. Hélas, des factions rivales sautent sur l’occasion pour s’accaparer ses affaires et Tetsu, fidèle à son code d’honneur, se retrouve bientôt pris au cœur de multiples tensions qui le poussent à devoir quitter Tokyo pour se perdre à travers le Japon. Mais ses ennemis n’ont pas encore dit leur dernier mot…
Conçu par la Nikkatsu comme une série B au budget resserré, Le Vagabond de Tokyo devient, sous la patte iconoclaste et virtuose de Seijun Suzuki, un monument de mise en scène et une ode à la couleur d’une modernité époustouflante. Subvertissant les attentes du film de yakuzas, le réalisateur de Carmen de Kawachi les réinterprète à travers un style incomparable et touche-à-tout, mêlant pop art et théâtre traditionnel, comédie musicale et inventivité visuelle, violence stylisée et jazz nonchalant. Sa variation sur le film noir à l’américaine se pare ainsi de couleurs éclatantes, d’une richesse typiquement sixties, dans une atmosphère qui rappelle Le Samouraï ou Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, avec un traitement des décors et des espaces – clos comme ouverts – qui anticipe le meilleur de Jim Jarmusch ou de Quentin Tarantino. À découvrir pour la première
fois dans sa sublime restauration 4K !

