I nuovi mostri

Dino Risi, Ettore Scola et Mario Monicelli - Italie - 1977 - vost - 115' - Numérique

Suite du premier film à sketches I mostri réalisé par Dino Risi en 1963, I nuovi Mostri (1977) réunit cette fois-ci le trio italien : Dino Risi, Ettore Scola et Mario Monicelli, pour quatorze sketches dont beaucoup furent improvisés. Ces quatorze tableaux sombres mettent en scène l'évolution de la société italienne. Entre autres, le film fut réalisé selon Age et Scarpelli pour venir en aide au scénariste, et personnalité du monde du spectacle, Ugo Guerra, atteint d'une maladie incurable.

Liste des sketches :

L'uccellino della Val Padana (Ettore Scola)

Con i saluti degli amici (Dino Risi)

Tantum ergo (Dino Risi)

Autostop (Mario Monicelli) 

Il sospetto (Ettore Scola)

Pronto soccorso (Mario Monicelli)

Mammina e mammone (Dino Risi)

Cittadino esemplare (Ettore Scola)

Pornodiva (Dino Risi)

Sequestro di persona cara (Ettore Scola)

Come una regina (Ettore Scola)

Hostaria! (Ettore Scola)

Senza parole (Dino Risi)

Elogio funebre (Ettore Scola)

Critique

Petit jeu de pistes pour connaisseurs de comédie italienne : les noms des trois réalisateurs sont livrés en bloc au générique, mais aucun des sketches n’est signé, si ce n’est du style, de l'inspiration que l’on connaît à chacun d'eux... À moins encore qu'ils ne se soient amusés à se parodier l'un l’autre. L'idée de l'anonymat rappelle en tout cas le côté « travail d’équipe », œuvre collective (dans le sens où une bonne mécanique est une œuvre collective) de scénaristes, comédiens, metteurs en scène et producteurs ; basée sur une tradition de la comédie propre au pays. Les sketches sont différents dans leur registre particulier : il y a le trait appuyé, volontiers exagéré, violent d'Auto Stop (que l'on peut attribuer presque à coup sûr à Monicelli), l’humanisme socialiste de Grand garçon à sa petite maman (Scola, sans doute) et le cynisme à l’état pur, la flèche imparable de Sans Parole (du Risi, sans conteste). Mais, quel que soit le ton choisi, la cible unique demeure de fustiger les mœurs christiano-bourgeoises, et la férocité des attaques n'a d'égale que l'énormité des chutes. Minutieusement préparées, elles surenchérissent à qui mieux mieux sur les issues possibles que le spectateur, préparé à cela par les premiers schetches, s’ingénie à préfigurer devant les nouvelles situations proposées. Comme une représentation de l'inéluctable monstruosité cachée derrière les bonnes manières, et qui dépasse toujours l'imagination. (…) Mais que le genre commence à s'épuiser n'exclut pas que ces Nouveaux monstres (les premiers étaient de Dino Risi, seul) recèlent encore quelques joyaux. A signaler donc Enlèvement d'une personne chère pour sa dénonciation-éclair (un seul plan) de l'hypocrisie ; Premiers soins pour son interprétation d'un monologue de snob paranoïaque par le grand Alberto Sordi : Grand garçon à sa petite maman et sa peinture de la thésaurisation décadente, Sans parole pour sa méchanceté sans partage. Et surtout le remarquable Tantum ergo qui cerne en moins de dix minutes la quintessence du pouvoir démocrate-chrétien avec une virulence qui n’oublie rien, surtout pas le plaisir du cinéma. Ne serait-ce que pour ce dernier, le film entier vaut le déplacement.

Jean-Louis Gros, La Saison Cinématographique, 1978

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