Une femme est une femme

Jean-Luc Godard - France - 1961 - vost - 83' - Couleurs - 35mm

Angela est Danoise et travaille comme stripteaseuse dans une boîte de nuit minable, à Paris. Emile est libraire et coureur cycliste à ses moments perdus. Ils se rencontrent, s'aiment et décident de vivre ensemble. Leur union, un rien originale, n'en est pas moins solide, jusqu'au soir où la jeune femme lui fait part de son désir d'enfant.

Critique

Au début des années 1960, Godard avait le cœur à la comédie, et il battait sur un tempo irrésistible. Sous le ciel de la capitale s’envolent toutes sortes de chansons : ici, la première est d’Aznavour ; les autres, des airs de Michel Legrand. Le scénario du film est une forme de roman-photo, corrigé et transformé en revue. Angela danse dans un tout petit Moulin-Rouge olé olé et court après Emile pour qu’il lui fasse un enfant, pendant qu’Alfred court après elle, pour qu’elle l’aime d’abord. Pour ce ballet conjugal, Godard marie les enchaînements de couleurs artificielles et de vérités quotidiennes, de chorégraphies et de répliques. Les mots deviennent musique, la musique parle pour les personnages. L’intelligence et l’émerveillement se répondent. Anna Karina est magnifique dans le rôle d’Angela. Brialy et Belmondo la suivent avec brio. Quand tous trois nous font un clin d’œil en regardant la caméra, parce qu’il faut saluer le public avant de jouer la comédie, ça ne fait pas un pli : on applaudit.

Frédéric Strauss, Télérama

Projeté dans le cadre de

Du 20 Octobre 2021 au 19 Novembre 2021
Du 20 octobre au 19 novembre 2021
« Avec la tête qu'il a, il ne pourrait jamais prendre une femme dans ses bras, car cela ne serait pas crédible ». Comme quoi on peut se tromper, même lorsqu’on est professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique.