La Lune de Jupiter

Kornél Mundruczó - Hongrie - 2017 - vost - 123' - Couleurs - Numérique

Un jeune migrant se fait tirer dessus alors qu'il traverse illégalement la frontière. Sous le coup de sa blessure, Aryan découvre qu'il a désormais le pouvoir de léviter. Jeté dans un camp de réfugiés, il s'en échappe avec l'aide du Dr Stern qui nourrit le projet d'exploiter son extraordinaire secret…

Critique

Kornél Mundruczó semble repousser les limites de l’impossible. Après avoir dirigé une meute de deux cent cinquante chiens dans les rues de Budapest (White God), le prodige hongrois fait voler un comédien sans recourir — ou presque — aux effets spéciaux. Tout le film est à la hauteur de ce tour de force. Il faut dire que Mundruczó n’a peur de rien. Enchaîner les plans séquences avec des dizaines de figurants, la caméra tournant sans cesse (et dans tous les sens) autour des corps ? Orchestrer une hallucinante course-poursuite en voiture, digne de William Friedkin, le maître du genre ? Jeux d’enfant ! Tant de virtuosité pourrait être insupportable si elle n’était que de l’épate. Mais dans cette fresque sociale entre thriller et fantastique, la mise en scène sert le propos. Les travellings rageurs de Mundruczó témoignent de sa colère face à la précarité des migrants et à l’exploitation dont ils sont victimes. Mais quand il accompagne en douceur les lévitations d’Aryan dans le ciel de Hongrie, c’est l’espoir du cinéaste qui s’exprime. Le réfugié apparaît alors comme un ange déguisé en super-héros, seul capable de réenchanter notre monde. 

Samuel Douhaire, Télérama

Projeté dans le cadre de

25 Octobre 2020
En collaboration avec le Grand Théâtre de Genève
Le réalisateur hongrois Kornél Mundruczó est invité par le Grand Théâtre de Genève pour mettre en scène l'Opéra L'Affaire Makropoulos de  Leoš Janáček, création mondiale jouée du 26 oct