La Pazza gioia

Paolo Virzì - Italie - 2016 - vost - 116' - Couleurs - Numérique

Beatrice, une mythomane, comtesse milliardaire ayant tout perdu mais qui se croit encore au sommet de la gloire et Donatella, une jeune femme introvertie et déprimée, se rencontrent dans un hôpital psychiatrique…

Un film doux et acide à la fois, qui questionne avec délicatesse la folie du devenir du monde.

Critique

Bourgeoise évaporée dans ses dentelles chez Bruno Dumont dans Ma Loute, en compétition, Valeria Bruni-Tedeschi l’est également dans Folles de joie (La Pazza Gioia), de Paolo Virzi, à la Quinzaine des réalisateurs. Là, cependant, point de promenade émerveillée sur la Côte d’Opale : Beatrice est enfermée dans un institut pour femmes atteintes de troubles mentaux, où elle a fait de la préservation exaspérée des apparences fastes sa forme propre de folie. Une autre pensionnaire arrive (Micaela Ramazzotti), la mort dans les yeux, en guenilles. La princesse folle se toque de cette Cendrillon, elles s’échappent, et voilà Paolo Virzi aux commandes d’un Thelma et Louise hystérique au sens clinique, brassant le rire et les larmes dans un grand tourbillon de mots, hésitant constamment entre ranger le grand bazar de vie et de cinéma que laissent derrière elles ses héroïnes, et se laisser contaminer. Dilemme insoluble que le sien : lorsque les actrices sont aussi merveilleuses, on ne sait plus s’il faut soigner ou laisser vivre avec leur mal ces folles à qui la folie va si bien.

Noémie Luciani, Le Monde

Projeté dans le cadre de

Du 19 Avril 2021 au 1 Juin 2021
Rétrospective prolongée jusqu'au 1er juin!
«La Comédie à l'italienne», peut-on imaginer meilleur programme pour retrouver le cinéma, en salle et sur grand écran ? En tout cas, aux Cinémas du Grütli nous n'avons pas trouvé plus beau cadeau aux spectatrices et spectateurs.