Du 16 Décembre 2026 au 19 Janvier 2027

Moulin

de László Nemes

Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu'il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et la brutalité commence.  Le destin de la France libre en dépend. 

"Rien, dans les films précédents de László Nemes, n’avait préparé au choc plastique que représente Moulin, et ce dès le premier plan – un ciel nocturne si profond qu’il paraît avoir été peint, si beau que dès la première seconde, on sait que ce film-là ne sera pas du même tonneau que le reste de la compétition jusque-là projetée. Rien non plus ne pouvait laisser augurer que les noces de l’auteur hongrois avec le cinéma français commercial (Gilles Lellouche dans le premier rôle, TF1 à la production), accoucheraient d’un objet aussi racé et dense... (...) Derrière son grand sujet (moins le martyr d’un saint qu’une plongée vers la mort), Moulin n’avance que par la seule assurance de sa mise en scène, taillée dans l’étoffe de la nuit et des ombres.(...) Moulin est un film sculpté dans le néant, comme le sont certains sommets de Clint Eastwood photographiés par Tom Stern. Qui aurait parié, au début du festival, que l’on verrait en lieu et place de l’hagiographie redoutée le plus beau film français en pellicule depuis des années (la copie 35mm projetée au grand théâtre Lumière est à se pâmer) ? Que Nemes verrait dans Lellouche, non pas seulement un levier économique pour monter son film, mais un avatar de Lino Ventura (on sent qu’il veut filmer sa mâchoire carrée comme un bloc de marbre) ? On achèvera l’éloge sur cette note : après Soudain de Hamaguchi (au moins pour ses promenades à la nuit tombée), c’est encore un metteur en scène étranger qui vient prouver qu’un autre cinéma français du milieu est possible ; un cinéma moins narratif, moins poussiéreux ; un cinéma qui se fie au pouvoir des rayons et des ombres (les vrais, pas ceux de Giannoli). Moulin est beau comme la foudre, et on n’arrive toujours pas à y croire."
-Josué Morel, Critikat