8 Janvier 2027

The Nightingale

de Jennifer Kent (2018) - Cineclub NOCTURAMA vendredi 8 janvier à 21H00!

THE NIGHTINGALE de Jennifer Kent (2018) - Cineclub NOCTURAMA vendredi 8 janvier à 21H00!

1825, dans l’Australie sous domination anglaise. Après avoir purgé sa peine, Clare, une jeune bagnarde irlandaise, va bientôt pouvoir vivre librement auprès de son mari et de son bébé. Mais son officier de tutelle n'en a pas fini avec elle: rossée et laissée pour morte, Clare assiste impuissante au massacre de sa famille par des soldats britanniques. À son réveil, au bord de la folie, elle se lance à leur poursuite au travers des terres vierges de Tasmanie. Dans cette région sauvage et isolée, où les lois des hommes ne s'appliquent plus, elle ne reculera devant rien pour se faire justice.

Mostra Internazionale – Venise 2018
Prix Special du Jury
Marcello Mastroianni Award

"Le chagrin d’une femme déversé en rage, à la poursuite fixe de sa vengeance, de mettre un terme définitif à la folie des hommes. Eux les fous. Eux qui l’ont violée, et tué tout ce qu’elle aimait au monde. Ainsi se présente, dans sa luxuriance sombre, The Nightingale. Il arrive que le tour obsessionnel du genre dit rape and revenge dure plus que de raison, dès lors rage et endurance font un ménage étrange : comment rester inexorable jusqu’au bout du voyage, tuer de sang-froid au bord de l’épuisement ? Tout s’acharne patiemment, l’effroi se répète, la respiration suspendue. Comment garder intacte la soif de vindicte quand le jeu de piste s’éternise, bifurque, ploie sous la violence ?

Tel était déjà le sujet en douce et le genre d’horreur du premier long métrage de Jennifer Kent, Mister Babadook (2014), réalisatrice, productrice, actrice, scénariste australienne. Il faut se boucher les yeux pour ne pas voir, à l’occasion encore de ce deuxième film, qu’une grande cinéaste est née – mots bien pesés. The Nightingale a pourtant connu un destin auprès de la presse et du public à l’image de son récit brutal : une projection houleuse à sa présentation en 2018 au festival de Venise (d’où il repartit néanmoins avec le prix spécial du jury et celui du meilleur jeune espoir pour son acteur Baykali Ganambarr). Par une possible conjuration d’imbéciles, le film antiraciste, féministe et anticolonialiste, y fut soupçonné et taxé de racisme, de misogynie et son autrice insultée comme son héroïne («whore»).Voici ce que l’on récolte d’avoir filmé la chaîne de pouvoir et d’autorité, où le plus fort s’en prend automatiquement au plus faible qui à son tour haïra plus inférieur que lui, la femme, le Noir, l’enfant, ainsi de suite. L’officier humiliera le subalterne, le soldat maltraitera la domestique, les rustauds violeront et tueront femme et enfant(s), la femme blanche méprisera l’homme noir, qu’elle traitera longtemps comme un chien elle aussi. Jennifer Kent, de cette chaîne, fait admirablement le tour. Non contente de mettre à nu le mécanisme, elle le grippe. Par nuances infinies du récit, la vengeance d’une femme devenant celle d’un peuple s’accomplit."
-Camille Nevers, Libération

"Le silence après la tempête. Accueilli par des réactions racistes et misogynes lors de sa présentation en 2018 à la Mostra de Venise, The Nightingale, de Jennifer Kent (seul film d’une réalisatrice en compétition cette année-là), avait profondément choqué les festivaliers. Si bien que le thème du film – les atrocités commises contre les populations aborigènes et les femmes au début du XIXe siècle, en Tasmanie, pendant la colonisation britannique – avait fini par occuper toutes les conversations bien plus que la qualité du film. (...) Privé de sortie en salle à cause de la pandémie, le film est directement arrivé sur OCS début mars et bénéficie aujourd’hui d’une diffusion en DVD et Blu-ray. L’occasion de découvrir enfin ce deuxième long-métrage de la réalisatrice australienne qui s’était fait précédemment remarquer avec Mister Babadook, un conte horrifique sorti en 2014 et multiprimé. C’est avec la même belle assurance qu’elle s’attaque cette fois à ce que l’on nomme le rape and revenge (film de « viol et de vengeance »). Et si rien ne saurait remplacer la découverte d’un tel film au cinéma, il faut reconnaître que le deuxième long-métrage de Jennifer Kent parvient à révéler toute sa puissance, même sur plus petit écran. Une puissance qui amène le spectateur à une expérience physique (et mentale) d’une rare intensité. (...) Rien ne prépare jamais à l’enfer. Celui dans lequel nous entraîne Jennifer Kent nous confronte à l’une des pages les plus meurtrières de l’histoire de son pays – ce qu’on a appelé la « guerre noire » entre les colons britanniques et les Aborigènes en Tasmanie – avec un réalisme qui met à l’épreuve tous nos sens. Viols, infanticides, massacres jalonnent le parcours de Clare, jeune fille devenue guerrière sanguinaire face à la folie de l’homme blanc, traçant son chemin sous les pluies torrentielles, dans les traînées de boue et les ténèbres de la forêt."
-Véronique Cauhapé, Le Monde

Programmation

Vendredi 8.1