
Alien, le huitième passager
ALIEN, LE HUITIEME PASSAGER de Ridley Scott (1979) - Séance spéciale mercredi 28 octobre à 20H30 en partenariat avec les Scènes du Grütli et en lien avec le spectacle Toutes les femmes sont des aliens (8.10–14.11.26) et en présence du metteur en scène Eric Devanthéry!
Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage, sept hommes et femmes, rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d'un arrêt forcé sur une planète déserte, l'officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue...
Naissance d'un space opera fondateur, monument d'angoisse, d'une créature mythique et d'une héroïne éblouissante, incarnée par la géniale Sigourney Weaver. Scott signe un terrifiant cauchemar éveillé, qui multiplie les séquences d'anthologie dans l'antre claustrophobe du Nostromo. Un inoubliable rendez-vous avec la peur, l'un des plus grands films de science-fiction.

"Avant de devenir un classique de la science-fiction, le film inaugural de la saga Alien exista longtemps sous la forme d'un script du scénariste Dan O'Bannon, qui passa entre bien des mains, avant d'échouer à la Fox et d'être tardivement mis en chantier, suite au succès de La Guerre des étoiles (1977). La réalisation en échut à Ridley Scott, auréolé d'un premier film repéré à Cannes, Duellistes (1977), et alors au pic d'une créativité qui lui vaudra de fixer le vernis visuel et mythologique des années 1980 (Blade Runner, Black Rain). Dans la lignée de La Chose d'un autre monde (1951), de Howard Hawks et Christian Nyby, Alien transpose le huis clos horrifique entre les murs d'un cargo spatial, le Nostromo, dont l'équipage, composé de sept membres, se retrouve aux prises avec un prédateur inconnu et féroce, infiltré parmi eux. Orchestrant une tension continue à partir de l'ombre, du hors-champ et du vide, le film brille autant par sa direction artistique de haute volée – l'univers du Nostromo marqué par l'usure, le cambouis et la fumée – que par sa richesse figurative. La créature, conçue par le dessinateur H. R. Giger, survient dans l'espace technologique du vaisseau, comme un retour imprévu de la matière organique (bave, sang et sueur). Alors que les humains émergent de capsules ovariennes et se fient à une intelligence artificielle appelée « Mother », la bête vient leur rappeler, avec brutalité, les douleurs de l'accouchement (sa gestation parasitaire dans un ventre humain) et le caractère inéluctable de la mort. En somme, le cycle primitif et impitoyable de la vie."
-Mathieu Macheret, La Cinémathèque française