Du 29 Avril 2026 au 12 Mai 2026

Claude Chabrol : Anatomie du crime bourgeois (1969–1973)

En 5 films du 29 avril au 12 mai !

Claude Chabrol : Anatomie du crime bourgeois (1969–1973) en 5 films du 29 avril au 12 mai !

La bêtise est infiniment plus fascinante que l’intelligence, infiniment plus profonde. L’intelligence a des limites, la bêtise n’en a pas.
— Claude Chabrol

Entre 1969 et 1973, Claude Chabrol atteint une rigueur formelle et une netteté implacable sans équivalent dans son œuvre. Avec La Femme infidèle (1969), Que la bête meure (1969), Le Boucher (1970), Juste avant la nuit (1971) et Les Noces rouges (1973), il compose un ensemble d’une précision remarquable, présenté dans de nouvelles restaurations inédites en salles en Suisse.

Chaque film explore une variation du même désordre dissimulé. Dans La Femme infidèle, le meurtre naît d’un adultère et se résorbe dans le maintien des apparences sociales. Que la bête meure déplace la violence vers la vengeance, sans jamais lever l’ambiguïté morale. Avec Le Boucher, le trouble s’installe au cœur du désir, dans une relation où l’attirance et la menace deviennent indissociables. Juste avant la nuit pousse plus loin encore cette logique en confrontant un homme à sa propre culpabilité, sans rompre l’équilibre social qui l’entoure. Enfin, Les Noces rouges ouvre le cycle vers une dimension plus explicitement politique, où le crime s’inscrit dans les rouages mêmes du pouvoir politique local.

D’une structure à l’autre, le crime ne fait pas rupture : il prolonge, il s’intègre, il circule. Campés notamment par Stéphane Audran, Michel Bouquet, Jean Yanne ou Michel Piccoli (dont les personnages portent souvent les mêmes prénoms d'un film à l’autre), ces cinq œuvres décrivent un ordre social dont la stabilité repose sur une violence contenue. Avec humour et férocité, Claude Chabrol observe sans juger, laissant apparaître des mécanismes d’aveuglement et de domination que rien ne vient interrompre.

Du drame conjugal à la chronique politique, cet ensemble dessine un mouvement sans rupture : du secret intime vers une contamination plus large du corps social. Cette période essentielle dans la filmographie de Claude Chabrol offre ainsi moins une série de récits qu’une véritable coupe — celle d’un monde où la morale se confond avec le confort, et où le crime bourgeois s’intègre sans reste.