
Elisa
Séance spéciale mercredi 25 mars à 20H00 en présence du réalisateur Leonardo Di Costanzo dans le cadre du Cineforum !
Elisa a été condamnée il y a 10 ans pour avoir tué sa sœur aînée sans raison apparente. Elle affirme ne se souvenir que de très peu de choses du crime, comme si un voile de silence s’était posé entre elle et son passé. Mais lorsqu’elle accepte de rencontrer un criminologue et de participer à ses recherches, un dialogue tendu et implacable s’engage. Peu à peu, les souvenirs refont surface…
"Di Costanzo, depuis toujours sensible aux thématiques sociales, s'est pour ce film librement inspiré d’un fait divers véritable, analysé dans l'essai Io volevo ucciderla ("Je voulais la tuer") des criminologues Adolfo Ceretti et Lorenzo Natali. Pour Ceretti, la justice restaurative renvoie à une acception radicalement différente du concept de justice : la question centrale n’est plus "Qui mérite d’être puni ?", mais "Comment peut-on réparer le mal qui a été fait ?". La réparation est un processus profondément éthique, précédé par un parcours de médiation qui sert à rétablir des relations et de la dignité entre l’auteur du crime et la victime. Dans le film, on nous présente brièvement le personnage d'une mère (interprétée par Valeria Golino), qui vient trouver le professeur pour chercher une réponse à l'homicide insensé de son fils, victime malencontreuse d'un passage à tabac par ses camarades. Alaoui lui répond qu’il est nécessaire de "comprendre les raisons du mal pour ne pas rester prisonnier de sa colère, sans pour autant renoncer à la douleur". Avec Alaoui, qui a une méthode d'"entretien transformateur" qui donne la parole aux auteurs d'actes de violence, Elisa revit son crime féroce et rassemble ses souvenirs à travers un dialogue où elle n’est pas jugée, qui lui permet d'assumer enfin la responsabilité de ce qu'elle a commis et d'entreprendre un parcours d’évolution intérieure.
Dans l’atmosphère hivernale de ce lieu alpin, parfaitement rendu par la photographie de Luca Bigazzi, Di Costanzo pose sur cette femme froide et manipulatrice, et en même temps profondément tourmentée, un regard qui se rapproche de celui du documentaire d'observation et laisse le spectateur décider lui-même s'il préfère rejeter le "monstre" qui a été capable de perpétrer un acte aussi extrême ou privilégier un modèle qui valorise l’écoute empathique et rend son humanité à l’auteur de ce geste."
-Camillo Di Marco, CinEuropa
