Persepolis

De Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud
France, Etats-Unis - 2007 - vofr - 95' - Couleurs
Synopsis

Dès 10 ans

Alors qu’elle s’apprête à prendre l’avion pour retourner dans sa ville natale, Marjane se remémore son passé en Iran... À travers ses souvenirs, elle replonge dans l’histoire difficile et chaotique de son pays. L'histoire commence lorsqu' à 8 ans, en 1978 à Téhéran, la petite Marjane songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution islamique et provoquer la chute du régime du Chah. Adaptée de la bande dessinée autobiographique de Marjane Satrapi, disparue en juin de cette année, cette oeuvre humaniste mèle histoire personnelle et histoire universelle. À découvrir sans hésiter.

 

Critique

"Gros succès — mérité — pour cette adaptation des quatre albums composant Persepolis, dessinés par Marjane Satrapi. Avec son complice Vincent Paronnaud, celle-ci a visionné des films noirs pour peindre le cauchemar des victimes du chah d'abord, des ­islamistes ensuite. Dans de somptueux dégradés de gris, tous passent à la trappe, comme avalés par une diabolique machine à tuer. En contrepoint, comme dans une comédie italienne, on suit l'itinéraire d'une jeune fille de 8 à 18 ans qui prend conscience, peu à peu, que l'intolérance est toujours liée à la bêtise et à l'ignorance.

Le film est peuplé de silhouettes sinistres ou drôles, croquées avec un humour rosse. Le plus beau personnage reste la grand-mère, à laquelle la réalisatrice offre les meilleures répliques : « Nom de Dieu, comme tu as grandi. Tu vas bientôt pouvoir attraper les couilles du Seigneur ! » dit-elle en revoyant Marjane après son ­séjour autrichien. Cette vieille dame très indigne lui enseigne surtout le sens de l'honneur et l'engueule ferme lorsqu'il fléchit. A l'image de Karl Marx et de Dieu — un instant réunis dans l'esprit enfiévré de Marjane — qui, comme la grand-mère, lui assure, en levant le poing : « La lutte continue !"
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Pierre Murat, Télérama