Dentro

De Elsa Amiel
Suisse, France - 2026 - vofr - 94' - Couleurs - Numérique
Synopsis

Prison de Volterra en Toscane. Des hommes condamnés à de lourdes peines découvrent un monde insoupçonné et dépassent leur condition de détenus grâce à l’acharnement et à la passion d’un homme.

Cet homme, c’est Armando Punzo, metteur en scène ayant décidé de s’enfermer depuis 37 ans pour faire de la prison un lieu idéal à la création : un lieu de théâtre et de pensée. Quatre murs pour faire émerger le beau, remplir le vide et transcender la réalité.

Critique
  • Visions du réel 2026 – Prix interregilieux

"« J'ai vécu plein de vies. Chaque blessure me fait avancer. L'extérieur est à l'intérieur, l'intérieur est à l'extérieur. Cet espace me fait vivre et je m'y abandonne » récite pour lui-même Armando Punzo. À ses côtés, des hommes, absorbés dans leurs lectures. La scène se déroule dans une enclave de Volterra, prison toscane de haute sécurité. C’est là que depuis 1988, Punzo s’enferme avec des condamnés à de longues peines pour créer des spectacles exigeants et fous. Ici, le théâtre est une manière de vivre. Contre le déterminisme carcéral. Le bouillant militant artistique offre à "ses" semblables la possibilité d’élaborer collectivement, de s’offrir aux regard des autres, dans et hors de la cellule. Brouillant les limites spatiales entre le dedans et le dehors, la caméra d’Elsa Amiel s'attarde sur l'expressivité d’un visage, soudain animé par le verbe, saisit un comédien répétant un geste dans les couloirs de la "taule", dont chaque recoin semble parcouru par l'énergie du théâtre. Le montage, lui, fonctionne en spirale, qui refuse la linéarité convenue des répétitions et des représentations. Car d’autres entreront bientôt à leur tour dans la magie des mots pour incarner « nos » enfermements. Dentro accompagne sans faux semblants – ou plutôt en jouant avec – ces détenus qui, corps et âme, font de leur incarcération une paradoxale expérience de liberté, nous plaçant moins en dehors du monde qu'en son centre, très exactement. "
-Emmanuel Chicon, Visions du Réel