Guest
Pendant la tournée promotionnelle de son film dans le circuit des festivals internationaux, un réalisateur se balade avec une petite caméra à la recherche d’un personnage ou d’une idée pour son prochain film. Sous la forme d’un journal de voyage et dans l’imbrication apparemment fortuite des notes, le film palpite en creux : la situation, le conflit, le personnage en devenir. "Ce qu’on voit" est donné comme une première étape essentielle et infinie du cinéma.
"Pour notre première projection de cette 67e Mostra, on n’avait pas tort d’être alléché par la présence de José Luis Guerin, Guest est un grand film... (...) Filmer par la fenêtre d’une chambre d’hôtel, composer des natures mortes, regarder le réel de manière oblique et poétique, nous voici, croit-on, chez Alain Cavalier. Mais bien vite, Guest nous amène ailleurs. La vitrine que peut constituer une manifestation cinématographique vole en éclats, et l’on pénètre dans l’arrière-cour de ces métropoles. On retrouve alors ce cinéma archéologique, fonctionnant d’une manière si prodigieuse dans En Construcción, effeuillant couches de temps et de récits. Filmé avec une souplesse et une intensité désarmantes, Guest doit aussi beaucoup à un montage rythmé qui n’oublie pas de s’adoucir et de se suspendre de manière élégiaque ; il en ressort une fertilité infinie dans les dialogues, correspondances et associations entre lieux, personnages et thèmes."
—Arnaud Hée, Critikat

