Le Spectre du Thuit - Tren de sombras
À partir des films de famille d'un certain Gérard Fleury, Guerin tente de dévoiler les secrets cachés sur la pellicule du cinéaste amateur, mort mystérieusement en 1930. Derrière les regards et les jeux silencieux, une méditation obsédante sur la révélation et la décomposition des images, sur le temps qui passe et la disparition.
"Est-ce nous qui rêvons devant les images qui défilent encore et encore, qui reculent, s’accélèrent ou ralentissent sur la Moviola ? Il n’y a aucune piste, aucune insinuation. Guerin laisse les images muettes parler d’elles-mêmes, se réfléchir, se faire écho, se répondre. Il laisse les gestes et les regards se faire mots de passe, pistes, signaux. Nous croyons découvrir une histoire jusque là cachée, mais plus tard vient le pressentiment qu’elle en cache peut-être une autre. Sous la surface des plus banales, conventionnelles et idylliques images de famille, se cachent de multiples intrigues possibles, des secrets qui affleurent en strates successives, en une véritable archéologie du cinéma (rien à voir avec W. A. Ceram). Des enfants de Blow-up (The Conversation ou Blow Out), Tren de sombras pourrait bien être le plus inquiétant."
-Miguel Marías, catalogue du Cinéma du Réel 2002, section Le documentaire en Espagne

