No sex last night

De Sophie Calle, Greg Shepard
Etats-Unis, France - 1996 - vost - 76' - Couleurs - Numérique
Synopsis

Sophie Calle et Greg Shephard traversent les États-Unis en voiture, caméra à la main, dans un voyage mêlant journal intime, observation du quotidien et exploration de leur relation. Le film construit un dialogue entre deux regards et deux expériences du déplacement.

À la frontière entre documentaire, art contemporain et récit autobiographique, No Sex Last Night interroge la manière dont l’intimité peut devenir une matière cinématographique. Le dispositif du film, fondé sur l’échange de points de vue, questionne la représentation de soi, du couple et de la mémoire.

Précédé par Les Résultats du féminisme d'Alice Guy (1906, 7')

Critique

"À partir de la fin des années 1970Sophie Calle développe une œuvre d’inspiration auto-biographique utilisant la photographie, le film, le texte et le dispositif de l’installation pour construire des auto-fictions ludiques et mélancoliques dans lesquelles elle traite de l’intime, de la rencontre, du désir, de l’absence, du deuil et de la mémoire dans le style descriptif du reportage ou de l’inventaire. En 1992, avec Gregory Shephard, l’homme qu’elle aime, l’artiste part pour un road movie de la côte Est vers la côte Ouest des Etats-Unis, à destination de Las Vegas, où ils projettent de se marier. Le film montre les points de vue entremêlés des deux protagonistes se filmant mutuellement au moyen de caméras vidéo pendant les trois semaines que durera leur voyage, à l’intérieur de leur Cadillac et dans les nombreux motels où ils s’arrêtent. « Nous parlons chacun presque exclusivement à notre caméra, parce que notre relation s’était dégradée au point que nous ne nous adressions plus la parole. Manque de dialogue, manque de technique, tout est venu de là ». Chaque matin, Sophie Calle enregistre un plan de lit défait tandis que l’on entend sa voix prononcer les mots : « No Sex Last Night ». À l’issue du voyage, leur mariage à Las Vegas mettra fin à leur relation. No Sex Last Night est donc le récit d’un deuil : celui de la relation avec l’aimé, mais aussi celui de son ami l’écrivain Hervé Guibert, dont elle apprend le décès au commencement du voyage, au moment où elle décolle de l’aéroport d’Orly. No Sex Last Night renoue ainsi avec la tradition élégiaque dont Dante, avec la Vita Nova, récit d’amour et de deuil écrit en langue vulgaire, avait jeté les bases dans la littérature moderne occidentale. Le film, construit en miroir à partir de deux points de vue antagonistes, sera diffusé en deux versions différentes : l’une, transférée en 35 mm et distribuée en salle (No Sex Last Night), la seconde, intitulée Double Bind, étant destinée à l’exposition."
-Festival International du film d'Art

Projeté dans le cadre de

Du 14 Septembre 2026 au 7 Décembre 2026
Cycle : Il était une fois...le Ciné-club