Love on Trial

De Kôji Fukada
Japon - 2025 - vost - 124' - Couleurs - Numérique
Synopsis

Jeune idole de la pop en pleine ascension, Mai commet l’irréparable : tomber amoureuse, malgré l’interdiction formelle inscrite dans son contrat. Lorsque sa relation éclate au grand jour, Mai est traînée par sa propre agence devant la justice. Confrontés à une machine implacable, les deux amants décident de se battre pour défendre leur droit le plus universel : celui d’aimer.

Critique

Inspiré de faits réels et fort d’une observation aussi précise que sa mise en scène, Koji Fukada révèle l’envers d’une industrie qui fabrique des icônes hypersexualisées. Dépassant son sujet, Love on Trial devient le miroir d’une société où la femme est objet, mais où grandit la résistance.

Tandis que la K-pop coréenne fait fureur dans le monde entier, les idoles de la J-pop captivent au Japon. Icônes virginales, elles sont adulées par les fans et tout est mis en œuvre pour préserver ce lien très rentable, quitte à leur interdire toute relation amoureuse. Alors, quand Mai tombe sous le charme magique de Kei, sa carrière bascule: ses managers les attaquent en justice et exigent des millions de yens. La jeune femme compte pourtant se battre pour défendre son droit à l’amour... Interprétée par Kyoko Saito, elle-même ancienne idole, Mai est inspirée de plusieurs scandales où des chanteuses ont été condamnées à payer pour avoir aimé. Épousant ce parcours, Love on Trial plonge dans un système qui contrôle l’image, le corps et le libre-arbitre.

Après le mélodrame Love Life, où un accident brise l’apparente tranquillité d’un couple, Koji Fukada poursuit son exploration d’une société japonaise étouffée par les normes. Avec son directeur de la photographie Hidetoshi Shinomiya (Drive My Car), le cinéaste compose des cadres rigoureux exprimant la vie des idoles sous contrôle. Qu’importent les chorégraphies colorées, la pression est implacable. Mai et ses collègues ont beau rêver leur destin de stars et s’entraider, elles restent des objets de désir, des poupées en proie à une domination structurelle, également face à la justice. Dès lors, le film dépasse le sujet de la J-pop pour dénoncer le patriarcat tout entier, sans oublier les réseaux sociaux, véritables outils de lynchages. En résulte un film réaliste, politique et féministe, doublé d’une rencontre amoureuse poétique.