L'Idéaliste

De Francis Ford Coppola
Etats-Unis - 1997 - vost - 135' - Couleurs - Numérique
Synopsis

Rudy Baylor est devenu avocat par vocation. Jeune, naïf et désargenté, il a en plus le handicap de vivre à Memphis, ville qui regorge d'hommes de loi. Après avoir fait le tour des cabinets, il réussit à décrocher un poste dans l'un des moins reluisants, dirigé par un affairiste notoire, lié à la mafia locale. Son patron lui adjoint un mentor roublard et dynamique qui va vite l'éclairer sur les réalités cachées de sa nouvelle profession. Rudy va s'occuper de trois affaires, dont l'une contre une redoutable et puissante compagnie d'assurances

Critique

"Autant le dire tout de go, le nouveau film de Coppola, commande ou pas, projet perso ou non, est splendide. Ce dont la critique américaine n’a pas semblé convaincue qui a jeté quelques sacs de tomates pourries supplémentaires sur la tête du plus wellessien des cinéastes US actuels et sur cet opus judiciaire adapté de l’avocat-écrivain John Grisham, the Rainmaker, «l’Idéaliste» en VF libre. Il est vrai que la coloration nostalgique du film, la discrétion de sa mise en scène, sa perfection classique trouble encore un peu plus la question taraudante depuis une quinzaine d’années ­ (1982: Coup de coeur) et le dépôt de bilan consécutif ­de la signature «Francis Ford Coppola». Du nabab expérimental connu pour sa mégalomanie au soi-disant porte-coton rentré de force dans le rang hollywoodien, on aura trouvé son nom apposé sur des objets aussi stylistiquement hétéroclites que Jardins de pierre, le Parrain III ou encore récemment Jack avec Robin Williams. Dans la course à la légitimité, Coppola aura été le grand perdant, contre par exemple Allen, Scorsese ou Eastwood, après avoir pourtant accumulé quelques longueurs d’avance sur la concurrence au cours d’une glorieuse décennie seventies (deux palmes d’or, des oscars à la tonne). Coppola semble avoir ainsi à son corps deleuzien plus ou moins défendant accompli le cycle du «devenir imperceptible», pour être aujourd’hui cet énergumène à la fois indistinct, pluriel et mimétique, un vieux renard au pelage argenté se faufilant de traviole dans le poulailler du cinéma commercial.

Cet Idéaliste de John Grisham situe Coppola version 98 dans la descendance behavioriste et glaciale d’Otto Preminger et de son Autopsie d’un meurtre. On y voit, à Memphis, un jeune avocat, Rudy Baylor (Matt Damon), intégrer son premier boulot dans un cabinet miteux dirigé par un affairiste à gourmette, Bruiser Stone (Mickey Rourke), toujours à deux doigts de la cabane. Là, Rudy fait équipe avec Deck Shifflet (Danny DeVito) qui a raté neuf fois l’examen du barreau mais n’en demeure pas moins un enquêteur de terrain avisé. L’impétrant va mener de front trois dossiers, dont un, de plus en plus juteux, l’oppose à une puissante compagnie d’assurances, Great Benefit, traînée en justice par la famille Black dont le fils Dot agonise d’une leucémie faute d’obtenir l’aide financière à laquelle il a droit. L’essentiel du film se concentre sur le procès lui-même, entrecoupé d’épisodes adjacents sur les démêlés d’une vieille dame avec ses enfants qu’elles veut déshériter, et surtout d’une femme battue, Kelly Riker, dont Rudy tombe amoureux. La modestie d’ensemble des arguments, la clarté éloquente de chacune de ses séquences, l’art consommé des ellipses et des enchaînement qui s’y déploie n’empêchent pas L’Idéaliste d’exhaler une odeur de boucherie très contemporaine."
-Didier Péron, Libération

Projeté dans le cadre de

Du 20 février 2026 au 5 Mars 2026
en 23 longs-métrages et 2 documentaires du 20 février au 5 mars !