An Angel at my Table

De Jane Campion
Nouvelle-Zélande, Australie - 1990 - vost - 157' - Couleurs - 35mm
Synopsis

Janet Frame, issue d'une famille nombreuse dans un milieu ouvrier, se distingue très tôt par ses dons littéraires et son goût pour la poésie. Enfermée pendant huit ans en hôpital psychiatrique, elle subira deux cents électrochocs et échappera de justesse à une lobotomie

Copie mise à disposition avec l'aimable autorisation de Te Tumu Whakaata Taonga New Zealand Film Commission

Critique

En évoquant le destin de l’écrivaine néo-zélandaise Janet Frame, Jane Campion a renouvelé radicalement l’exercice, souvent académique, qui consiste à illustrer une vie d’artiste. À travers des scènes courtes, elle recompose le milieu modeste où la petite Janet, rousse et boulotte, fait ses débuts dans l’existence, protégée par la complicité qui la lie à ses sœurs et par celle qu’elle se découvre avec les mots. Cette première partie, parfois déroutante, prend toute sa valeur quand Janet quitte le cocon de l’enfance pour affronter à l’âge adulte, avec toute la peine du monde. C’est la reconnaissance de son premier livre qui la tire de l’hôpital psychiatrique où on l’a enfermée. « Mon écriture m’a sauvée », dira-t-elle. Jane Campion réussit à nous faire ressentir cette place vitale de l’écriture et l’attachement à la douceur perdue de l’enfance. Une affinité élective l’attache à Janet Frame, sa compatriote et son âme sœur, femme et artiste comme elle. Un ange à ma table a permis à l’œuvre de la cinéaste de s’affirmer, et à celle de l’écrivaine d’avoir un nouveau rayonnement. Le langage des images se veut ici aussi intime et essentiel que celui des mots.

Frédéric Strauss, Télérama

Projeté dans le cadre de

28 Septembre 2023
An Angel at my Table