J'adore ce que vous faites

De Philippe Guillard
France - 2022 - vofr - 91' - Couleurs
Synopsis

Gérard Lanvin se voit offrir un grand rôle dans un blockbuster américain, qui raconte le débarquement en Provence en août 1944. Le tournage à gros budget a lieu dans le Sud de la France, c’est donc heureux qu’il s’y rend. Sur place, Gérard va faire la rencontre de Momo Zapareto qui s’occupe de l’entretien de la piscine de la maison dans laquelle il doit vivre le temps du tournage. Mais Momo est fan, très fan… trop fan ! Il connaît et a vu tous ses films, et très vite va tout faire pour se rendre indispensable aux yeux de son idole et de l’équipe du tournage. Pour Gérard, le cauchemar ne fait que commencer...

Critique

Il y a une présence Lanvin. Depuis quarante ans et son prix Jean Gabin en 1982 pour Une étrange affaire. La même économie de mots. À 70 ans, dans J’adore ce que vous faites, il retrouve Philippe Guillard, qui l’a dirigé dans le Fils à Jo et Papi Sitter. Le réalisateur sait le filmer, brut de décoffrage, taiseux, parlant beaucoup avec les yeux. Il y joue… Gérard Lanvin, un vieil acteur qui touche le jackpot : le rôle d’un maire de village, résistant, dans un blockbuster américain sur le débarquement en Provence en 1944.

Direction le Sud. Une maison nouveau riche pour lui tout seul, isolée sur une colline, mais la piscine pue la mort. Personne à des kilomètres à la ronde après la journée de tournage. Heureusement, il y a Momo, joué par Artus. Momo qui répare tout, et d’abord la piscine. Momo, qui croit reconnaître « Gérard Lanvin (…) Un admirateur du genre à dire ça : « Je suis fan de trois acteurs. C’est simple : chez les jeunes, Dujardin ; chez les vieux, vous ; chez les morts, de Funès. » (…) J’adore ce que vous faites cherche et trouve (…) le charme d’une comédie sociale. Momo le battu, le mal-aimé, le maladroit, l’insupportable, en fait des tonnes, et ça, Artus le joue avec une grande légèreté. Le lutteur de sumo, c’est lui. Attention, à chaque prise, il étonne sans cesse, ne se laisse jamais attraper, massif mais virevoltant. Lanvin serait plutôt le judoka qui respecte les règles, esquive la force de l’adversaire. Il y a un plaisir à les regarder jouer, surtout quand les répliques sont bonnes (…). C’est méchant mais tendre, et assez bien vu. Comme un coup de patte affectueux. Il y a, derrière une comédie un peu facile, une réflexion sur la solitude, celle d’une star et d’un fan, aux deux extrémités de la réussite et de l’échec social. On aime bien ce J’adore…

Yves Jeaglé, Le Parisien

Projeté dans le cadre de

Du 29 Août 2022 au 3 Octobre 2022
Août - septembre - octobre