La porte du diable

Anthony Mann - Etats-Unis - 1950 - vost - 85' - Noir et Blanc - 35mm

1865, dans le Wyoming. Lance Poole revient de la guerre où sa bravoure lui a valu la Médaille du Congrès. Malheureusement, Lance Poole est un Indien et ses états de service n'y changent rien aux yeux de la population blanche. Il choisit donc de rejoindre les siens dans leur réserve gardée par un défilé, la Porte du Diable du titre. Mais les éleveurs de moutons, menés par Verne Coolan, convoitent ses terres...

Critique

C’est au moment où la «chasse aux sorcières» s’abattait sur Hollywood que la Metro-Goldwin-Mayer produisit La Porte du Diable, un de ces films nobles et courageux qui témoignent de l’indépendance des grands studios face aux intimidations du sénateur Mac Carthy et de ses partisans. Peu de westerns sont en effet aussi bouleversants que celui-ci et par rapport aux Affameurs ou à Winchester 73, La Porte du Diable est une œuvre grave, amère et inquiète. Le film est en effet le constat le plus implacable de la trahison de la race indienne par les Blancs désireux de les spolier de leurs terres et, dans ce scénario, Lance Poole est tout à la fois une victime et un héros. Les hauts faits militaires qui lui ont valu la médaille du Congrès, une récompense exceptionnelle, n’empêcheront pas l’avidité et la haine raciste de ses adversaires. Alors que les siens sont chassés de partout, parqués dans des réserves et affamés — souvenons-nous des Cheyennes de John Ford — Lance Poole, propriétaire terrien et éleveur est déjà anachronique. Robert Taylor, bouleversant, incarne ici la mauvaise conscience de l’Amérique, décidée à se débarrasser au plus vite des Indiens, qu’ils soient des héros ou non, à partir du moment où ils peuvent revendiquer des terres. Tournée la même année que La flèche brisée de Delmer Daves, La Porte du Diable est une de ces œuvres magistrales qu’il faut revoir et admirer.

André Moreau, Télérama

Projeté dans le cadre de

Du 15 Décembre 2021 au 20 Janvier 2022
Du 15 décembre 2021 au 20 janvier 2022
Une «Histoire du Western» en un peu plus d’un mois et en 43 films ! Une proposition modeste et ambitieuse à la fois. Modeste, car on ne peut certes pas réduire l’histoire du western à 43 titres.