La rivière rouge

Howard Hawks, Arthur Rosson - Etats-Unis - 1948 - vost - 133' - Noir et Blanc - 35mm

Quatorze ans plus tôt, la fiancée de Tom Dunson (John Wayne) a été tuée lors d’une attaque indienne. Fin de la guerre de Sécession : devenu baron du bétail texan, il décide, pour éviter la banqueroute, d’emmener son troupeau vers le Nord. Accompagné par son fils adoptif (Montgomery Clift) et une équipe de cow-boys, il ouvre, avec neuf mille têtes de longhorns, ce qui deviendra la mythique piste de la transhumance vers les premières lignes de chemins de fer et les grands abattoirs du Missouri, le "Chisholm trail". Chemin faisant, cet homme arrogant, violent et injuste se met son équipe à dos, qui finalement le destitue et choisit son fils adoptif pour le remplacer. Tout les éléments sont en place pour que se déroule la tragédie œdipienne.

Critique

Histoire d’un conflit de générations, La rivière rouge (que l’on compare souvent pour son thème aux Révoltés du Bounty) est aussi un western magnifiquement élégiaque qui prend son temps à accompagner la progression de l’énorme troupeau à travers des territoires encore presque vierges. A mesure qu’hommes et bêtes avancent, la situation s’envenime et l’on imagine que rien ne pourra résoudre le conflit sinon la mort d’un des deux protagonistes. Mais Hawks n’a pas voulu de cette fin-là (celle du livre qui l’a inspiré) et fait intervenir une femme à poigne (Joanna Dru) qui saura s’interposer pour éviter le pire. Une conclusion un peu tirée par les cheveux et qu’on oublie vite pour ne se souvenir que des deux splendides heures qui l’ont précédée et qui retracent, dans un magnifique noir et blanc, une odyssée pleine de dangers et de tensions. La rivière rouge est un film au souffle épique qui peint en mémorables séquences, avec une grande intensité et beaucoup de finesse aussi, une histoire à niveau humain. La quintessence du western.

Marianne Spozio, AVoir ALire

Projeté dans le cadre de

Du 15 Décembre 2021 au 20 Janvier 2022
Du 15 décembre 2021 au 20 janvier 2022
Une «Histoire du Western» en un peu plus d’un mois et en 43 films ! Une proposition modeste et ambitieuse à la fois. Modeste, car on ne peut certes pas réduire l’histoire du western à 43 titres.