The King of Staten Island

Judd Apatow - Etats-Unis - 2020 - vost - 138' - Couleurs - Numérique

Il semblerait que le développement de Scott ait largement été freiné depuis le décès de son père pompier, quand il avait 7 ans. Il en a aujourd’hui 24 et entretient le doux rêve d’ouvrir un restaurant/salon de tatouage. Alors que sa jeune soeur Claire, sociable et bonne élève, part étudier à l’université, Scott vit toujours au crochet de sa mère infirmière, Margie, et passe le plus clair de son temps à fumer de l’herbe, à traîner avec ses potes, et à coucher en cachette avec son amie d’enfance…

Critique

Judd Apatow, le héraut de la comédie américaine négligé par le public français, nous avait laissés sur une semi-déception avec Crazy Amy. Après s’être ressourcé à la télé en créant la sérier «Love» , il revient avec bonheur au long-métrage.  Comme dans ses plus belles réussites, de Freaks and Geeks à En cloque, mode d’emploi, Apatow nous donne le sentiment de côtoyer intimement ses personnages d’inadaptés, à peine plus névrosés que nous, mais bien plus drôles. Ici, un Tanguy de 24 ans chez qui tout est trop grand (taille, bouche, tatouages) sauf l’ambition. Son quotidien ? Fumer de l’herbe, se gaver d’antidépresseurs pour soigner son hyperactivité et arroser ses proches de vannes cinglantes. L’irruption d’un homme dans la vie de sa mère, veuve et infirmière (interprétée par la trop rare Marisa Tomei), va l’obliger à tomber le masque. A la question qui obsède Apatow (comment quitter l’enfance ?) s’ajoute celle du deuil dans ce film cousu main pour l’acteur et coscénariste Pete Davidson, jeune gloire du stand-up, dont le père, pompier, a péri dans l’effondrement des tours du World Trade Center quand il avait 7 ans. La comédie en mode chronique autobiographique se double ainsi d’une évocation attachante du quartier new-yorkais de Staten Island et de ses working class heroes, pour lesquels Trump est plus un sujet de blague qu’autre chose. « Eclopés que nous sommes, appuyons-nous sur l’épaule de notre voisin pour moins boiter dans la vie » pourrait être la devise d’Apatow, qui, s’il tire un peu à la ligne, a mis plus de cœur et moins de gags au ras des braguettes dans son écriture.

Nicolas Schaller, Le Nouvel Observateur

Projeté dans le cadre de

Du 1 Juillet 2021 au 24 Août 2021
Les classiques d'hier et d'aujourd'hui
Comme l'année dernière, les Cinémas du Grütli proposent une programmation riche et éclectique, qui fait dialoguer films récents, grands succès de l'année écoulée, et œuvres incontournables de l'histoire du Cinéma. Nous invitons le public au jeu de l'association de l'émule et du modèle...