Midsommar

Ari Aster - Etats-Unis - 2019 - vost - 147' - Couleurs - Numérique

Ce qui devait être pour un couple une visite à un ami dans un festival local se transforme en un culte païen et sordide où d'affreuses surprises les attendent...

Chef-d'oeuvre absolu, ce voyage aux enfers fait de soleil, de ciel bleu et de fleurs, à cheval entre le fantastique et l'anthropologie, réinvente avec une intelligence folle les codes du film d'horreur. 

 

Critique

"Bordel, il y a là-dedans quelques-unes des images les plus atrocement dérangeantes que j’ai jamais vues sur un écran”, avertissait Jordan Peel (Get OutUs) après avoir vu Midsommar. Venant d’un des réalisateurs de films d’horreur les plus cotés du moment, ce constat avait tout de louanges, d’autant qu’il était adressé à Ari Aster, devenu en un long métrage (Hérédité, sorti l’an dernier) l’un des plus sûrs espoirs du cinéma horrifique contemporain.

Si l’on ne contredira pas Jordan Peel – il y a dans Midsommar des images atrocement dérangeantes –, le deuxième film d'Ari Aster emprunte pourtant une trajectoire bien différente de celle d’Hérédité. Du cauchemar abyssal du premier film, qui revisitait avec maestria le concept éprouvé de la maison hantée et du récit de possession, le cinéaste passe à une épopée baroque et convulsée, qui délaisse progressivement l’horreur païenne pour muter en une expérience cathartique hallucinatoire.

Léo Moser, Les Inrockuptibles

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Découpage précis, gros plans, travellings léchés, ruptures de rythme, images perturbantes que la caméra n'a pas peur d'affronter et que le spectateur se doit d'encaisser : Ari Aster impose sa maîtrise simple et pure du cinéma en quelques minutes. Non pas pour secouer bêtement le public, lui asséner des coups faciles, ou lui donner les informations habituelles des débuts, mais pour poser les bases de la symphonie du chaos et de l'horreur à venir.

Midsommar est pourtant simple sur le papier, plus qu'un Hérédité qui court-circuitait le genre. C'est même un schéma classique, avec un groupe d'Américains qui voyage en Suède pour découvrir une communauté hippie new age, peuplée de gens habillés en blanc, qui boivent du thé, dansent pieds nus et vivent en toute sérénité au milieu de la nature. Certains sont venus pour étudier en vue d'une thèse, d'autres, pour panser leurs plaies profondes et intimes malgré eux. Le théâtre parfait pour un cauchemar en somme. (...)

Midsommar n'est pas le film d'horreur à consommer passivement (Ari Aster compose presque un jeu de pistes, dès l'intro, pour convier le spectateur au voyage), afin de récolter quelques menus frissons de tour de manège, avant de retourner à sa réalité. C'est une expérience, un poison radieux qui infiltre le système pour lentement en révéler ses effets. 

Geoffrey Crété, Ecran Large

Projeté dans le cadre de

Du 1 Juillet 2020 au 18 Août 2020
Les classiques d'hier et d'aujourd'hui
Echos… Cet été, les Cinémas du Grütli proposent une programmation riche et éclectique.