Dolor y gloria

Pedro Almodovar - Espagne - 2018 - vost - 113' - Couleurs - Numérique

À la suite de l’invitation de la part de la cinémathèque de Madrid à montrer son plus grand film, un réalisateur en souffrance se trouve confronté à son passé. À travers une série de retrouvailles, il est submergé par les fragments de son existence qui lui reviennent en mémoire: l’amitié, l’amour, le deuil, la réconciliation. Et la douleur…

Antonio Banderas, qui a remporté le Prix de la meilleure interprétation masculine au Festival de Cannes, campe un alter ego du réalisateur espagnol avec une poésie et une délicatesse bouleversantes. Un grand mélodrame de Pedro Almodovar.

Critique

Avec un titre à la Tolstoï, Pedro Almodóvar signe et assume un film très personnel au point qu’Antonio Banderas, au-delà d’être le double spirituel du réalisateur, en adopte aussi le physique. Entre thérapie, confession et lente remontée vers une surface fragile, les héroïnes sont omniprésentes : la drogue, la mère, une comédienne qui devient assistante personnelle...
Almodóvar partage une grande délicatesse, sensiblement différente de ses précédents films, plus crus. Comme des tableaux vivants, il nous présente de beaux et poignants moments de relations humaines : le croisement entre un personnage qui sombre et l’autre qui émerge, l’inversion des rôles et des places, les échanges entre un maçon dessinateur et analphabète et un enfant professeur, l’insolation des premiers émois... Maux du corps et souffrance morale expriment la douleur d’être et la gloire de se surpasser. L’enfance est présentée comme une fertilité, une source intarissable, un état d’esprit qui ne voit pas la misère. Souvenirs légers et pesants sont disséminés comme une addiction à la mélancolie. La recherche de l’apaisement passe par les règlements de comptes, le face-à-face avec la dépression, la force de créer, étonnante et mystérieuse, plus stupéfiante que la drogue. (...)

En compétition officielle du Festival de Cannes, Douleur et Gloire dévoile petit à petit une intimité troublante qui ne se vautre pas dans l’exhibitionnisme.
Incarnée comme une icône envoûtante par Penélope Cruz, la mère de l’artiste est à la fois aimante et dure, intrusive et pudique. On peut imaginer les tourments du réalisateur pour lui redonner chair et vérité.

Benjamin Oppert, À voir à lire

Projeté dans le cadre de

Du 1 Juillet 2020 au 18 Août 2020
Les classiques d'hier et d'aujourd'hui
Echos… Cet été, les Cinémas du Grütli proposent une programmation riche et éclectique.