Un goût de miel

Tony Richardson - Royaume-Uni - 1961 - vost - 101' - Noir et Blanc - Numérique
Jo, une petite collégienne un peu gauche, vit à Manchester avec sa mère Helen, laquelle se soucie plus de trouver un nouvel amant que de s'occuper de sa fille. Un soir que sa mère l'a mise dehors pour vivre une nouvelle aventure amoureuse, Jo vit une brève idylle avec un marin noir. Enceinte et abandonnée par sa mère qui s'est mariée, elle rencontre Geoffrey, jeune homosexuel qui lui propose de vivre à ses côtés. Mais la mère ne l'entend pas de cette oreille...

 

 

Critique

Avec Un Goût de miel Tony Richardson s’émancipe de la pièce éponyme de Shelagh Delaney dont il rompt les codes conventionnels de la théâtralité. Il en bouscule les lignes et en retourne les paramètres à son gré. Ce goût de miel est tout sauf douceâtre. Il est pimenté d’une amertume sarcastique qui parcourt le film en son long comme la brise revigorante du grand large. Le metteur en scène largue les amarres de la narration pour faire s’évader les esprits. Il met à nu le cœur de son héroïne déchue, Jo, l’inénarrable Rita Tushingham, comme il ouvre les écluses du canal du port de Manchester pour laisser s’écouler le trop-plein des rancoeurs d’une classe infortunée. Il libère le carcan de la gouaille du verbe théâtral dans une appréhension dégrisante des rues crasseuses , des bouges sordides, de l’atmosphère suintante, noire de suie de la ville industrielle longtemps cotonnière.Cette ambiance bistrée de désolation, la photographie contrastée de Walter Lassaly la capture sur le vif et la transcende avec sa caméra légère Arriflex et sa pellicule hypersensible. Capitale du textile, Manchester fut le haut-lieu du tournage de l’homme au complet blanc d’Alexander Mackendrick. Ici, la seconde ville du Royaume-Uni est un personnage central et Richardson en donne une vision kaléidoscopique en perpétuel mouvement.

Alain-Michel Jourdat, il était une fois le cinéma

Projeté dans le cadre de

Du 27 Janvier 2020 au 11 février 2020
La nouvelle Vague britannique
Né au milieu des années 1950, le Free Cinema a souvent été qualifié de Nouvelle vague britannique. Les films engendrés par ce mouvement avaient en effet la légèreté et la liberté formelle qui fut l'apanage du "jeune" cinéma français.