Le regard de Charles

Marc di Domenico - France - 2019 - vofr - 83' - Couleurs - Numérique

En 1948 ‪Edith Piaf‬ offre sa première caméra à ‪Charles Aznavour‬, une paillard qui ne le quittera plus.
Jusqu’en 1982 Charles filmera des heures de pellicules qui formeront le corpus de son journal filmé.
Aznavour filme sa vie et vit comme il filme. Partout où il va, sa caméra est là, avec lui. Elle enregistre tout. Les moments de vie, les lieux qu’il traverse, ses amis, ses amours, ses emmerdes. Quelque mois avant sa disparition il entame avec Marc di Domenico le dérushage de ses films. Il décide alors d’en faire un film, son film.

Critique

Une humanité bouleversante transpire de tous les plans. Une manière de saisir des enjeux quotidiens mais cruciaux, dans le travail des autres comme dans la détente avec les proches. Et quand Charles apparaît lui-même dans le cadre, la rencontre a lieu devant nos yeux. L’altérité au-delà de la notoriété. La recherche d’une immersion, d’un vécu. Ses chansons sont connues pour leur jeu avec le rythme, les contretemps, la rapidité. Une intensité parfois nerveuse, fiévreuse, qui transcende les émotions les plus simples et les plus universelles. La pudeur se révèle au gré de ces images, dans le regard sur les femmes aimées, les abandonnées comme les plus chéries. Dans l’évocation déchirante du fils disparu. La part nostalgique des témoignages du passé, et du fameux grain du Super 8, est dynamitée par la surprise de cette découverte. Un document simple, mais pourtant précieux, et qui touche à l’essentiel. Au cœur des choses. Via celui d’un homme. Shahnourh Aznavourian.

 Olivier Pélisson, Bande à Part