Missouri Breaks

Arthur Penn - Etats-Unis - 1976 - vost - 126' - Couleurs - Numérique

Montana, 1880. Afin de lutter contre un gang de voleurs de chevaux, un propriétaire terrien engage un tueur à gages, un régulateur excentrique et ultra-violent…

Critique

Si vous aimez le western classique, passez votre chemin. Celui-ci sabote le genre, au-delà même de ce que souhaitait sans doute Arthur Penn, qui réalisait là, au moment où son pays était plongé dans le bourbier vietnamien, une sorte d’anti-western, insolent, baroque, libertaire. Sur le versant politique, le cinéaste décrivait le capitalisme avant l’heure des grands propriétaires terriens, qui recrutaient des mercenaires pour faire la police.

Le film raconte l’affrontement entre deux hommes, un tueur à gages aussi impitoyable qu’original (Marlon Brando) et un voleur de bétail (Jack Nicholson). Autant dire un face-à-face entre deux monstres sacrés, alors au sommet, dont l’un échappa totalement au contrôle du cinéaste. Brando imposa toutes sortes de tocades, changeant à chaque séquence d’accents et de chapeaux, improvisant des poèmes d’amour en croquant une carotte avec son cheval ou surgissant travesti en grand-mère fantasque, avec robe, tablier et capote à rubans. Une performance déroutante, ayant le mérite de souligner l’ambiguïté perverse du psychopathe en armes, et l’occasion pour Brando de marquer les esprits, voire de voler la vedette à Nicholson, lequel apparaît pourtant nettement plus longtemps au premier plan. Entre la farce et la violence imprévisible, le nanar et le manifeste (anarchiste mais aussi féministe), les fusillades et la vadrouille au ralenti, le film est bancal mais se regarde comme une vraie curiosité. Valant son pesant de poudre et de parfum capiteux au lilas.

 Jacques Morice, Télérama

Projeté dans le cadre de

Du 27 Novembre 2019 au 17 Décembre 2019
Arthur Penn est l’un des précurseurs du Nouvel Hollywood, élan donné au cinéma américain à la fin des années 1960 par une poignée de réalisateurs audacieux, épris de liberté créative.