Portrait de la jeune fille en feu

Céline Sciamma - France - 2019 - vost - 119' - Couleurs - Numérique

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde. 

Le jeu de dévoilement entre le modèle et l’artiste est fascinant. Céline Sciamma filme avec un talent magistral les regards des deux femmes, leurs détails, là où se cachent chacun de leur mystère. Une fresque vibrante et solaire en hommage à la sororité et à l'émancipation. 

Critique

Artiste peintre du xviiie siècle, Marianne débarque sur une île pour y faire le portrait d’Héloïse, qui a quitté le couvent pour se marier. Le peintre et son modèle sont sur leurs gardes, Héloïse surtout, distante, hiératique. Une connivence s’installe. Les deux femmes se rapprochent lentement. Portrait de la jeune fille en feu retrace une belle histoire d’amour, vécue dans l’intensité du présent et ravivée par le souvenir.

Classique dans la forme, le film est moderne sur le fond. Tant sur la représentation des femmes que sur leur combat, la réalisatrice décrit une solidarité féminine, une sororité. Dans le face-à-face de Marianne avec son modèle se joue un rapport d’influence et de reflets, qui est aussi celui de tout metteur en scène avec ses acteurs. Un lien où le rapport de pouvoir et de séduction est mouvant. Élégant dans le dévoilement du sentiment, de l’âme et des corps, ce Portrait excelle à marier pudeur et volupté. Et se montre de plus en plus vibrant à mesure que grandit la passion entre les héroïnes. Adèle Haenel illustre à merveille le conflit intérieur d’une femme tiraillée entre la docilité et le désir d’émancipation. Noémie Merlant, de tous les plans ou presque, illumine le film par sa rigueur créative et sa grâce conquérante. Il y a de quoi tomber amoureux, ou amoureuse.

Jacques Morice, Télérama

Projeté dans le cadre de

Du 1 Juillet 2020 au 18 Août 2020
Les classiques d'hier et d'aujourd'hui
Echos… Cet été, les Cinémas du Grütli proposent une programmation riche et éclectique.