Le Milieu de l'Horizon

Delphine Lehericey - Suisse, Belgique - 2019 - vofr - 92' - Couleurs - Numérique

La sécheresse de 1976. Sous le soleil implacable de cet été, Gus quitte l’enfance. La nature se désagrège, les sentiments s’exacerbent, le noyau familial éclate : tout craque et se fissure jusqu’à ce que l’impensable arrive…

Critique

« C’était au mois de juin 1976. C’était le début des grandes vacances de mes treize ans. C’était l’année de la sécheresse. »

Ainsi commence le roman de Roland Buti, présentant en une phrase, Gus, le jeune héros qui, au terme de cet été catastrophique entrevoit le monde tel que les adultes le lui laisseront, et tel que nous le connaissons aujourd’hui. Un monde où la nature est désormais perçue dans sa fragilité, où travailler la terre ne rapporte ni argent ni noblesse, où les relations de couple ne sont plus réglées par les valeurs de la famille traditionnelle et où la place des femmes a changé. La nature bouleversée et menaçante que traverse Gus, tout comme chacun des décors du film, construit un piège qui se referme sur les personnages. Même si on peut voir l’horizon en permanence, s’y sentir au beau milieu, jusqu’à l’orage, j’ai construit le film comme un drame en huis clos. L’été caniculaire de 1976 vient marquer la fin de l’enfance de Gus. Je voulais faire de son histoire un film résolument contemporain sur les enjeux de la fin d’un certain monde paysan, sur la fin de l’enfance qui plonge le héros dans le tourment de la condition des femmes et des hommes. C’est en traversant des épreuves et des bouleversements que Gus grandit. A l’image des adultes qui l’entourent, Gus se confronte à l’implacabilité de la fin des choses mais aussi à celle des sentiments, de l’amour. Le Milieu de l’horizon est une histoire forte et universelle, qui résonne à la frontière du naturalisme et de l’onirisme.

Note d'intention de la réalisatrice Delphine Lehericey 

Projeté dans le cadre de

Du 30 Septembre 2019 au 16 Décembre 2019
Au coeur des sociétés, il y a des individus. Des êtres humains qui parfois s’engagent pour rendre le monde meilleur. Les films de ce nouveau cycle du Cinéma des Aînés célèbrent ces personnes qui s’emploient à redonner saveur à la vie.