De l'eau tiède sous un pont rouge

Shôhei Imamura - Japon, France - 2001 - vost - 119' - Couleurs - 35mm

Un homme d'affaires abattu se rend dans une ville de bord de mer, où il rencontre une femme aux pouvoirs sexuels inhabituels.

Critique

«La vie, ça vaut d’être vécu tant qu’on bande. Mais encore ? Être lubrique, se noyer dans les bras d’une femme.» Ces mots sont ceux du «philosophe», vieux clochard en short qui «lit des livres compliqués» (et collectionne les traités sur la sexualité), dont la mort ouvre le dernier film de Shôhei Imamura. Cette profession de foi, c’est aussi celle du cinéaste, le film étant, dans sa forme comme dans son propos, comme de l’eau de roche, de l’eau de source (mais quelle source ). 

(...) De l’eau tiède... est le troisième sommet du triangle entamé avec les deux films précédents d’Imamura, ou la ligne qui les relie en indiquant le chemin. Un conte moral, si l’on veut, une oeuvre impressionnante de maîtrise et en même temps une farce paillarde. (...) Voilà la leçon du malicieux professeur Imamura, glorieux érotomane et non moins grand sage. Le salut supposé de trouver et d’accepter sa place sur le manège, d’apprendre à la désirer pour enfin en jouir. La course reprend. On peut monter?

Erwan Higuinen Les Cahiers du Cinéma 

Projeté dans le cadre de

Du 23 Octobre 2019 au 15 Novembre 2019
Shôhei Imamura (1926-2006) est l’un des rares cinéastes, et le seul Japonais, à avoir obtenu deux palmes d’or au festival de Cannes.