L'Anguille

Shôhei Imamura - Japon - 1997 - vost - 117' - Couleurs - 35mm

Un homme d'affaires tue sa femme et est envoyé en prison pendant huit ans. Après sa libération, il ouvre un salon de coiffure et rencontre quelques nouvelles personnes. Il est renfermé, ne parlant guère qu'à l'anguille qu'il a apprivoisée pendant ses années d'incarcération

Critique

Dans L’Anguille, il y a tout de même un sujet et, sous ses airs de ne pas y toucher, il est fondamental. Ce sujet, on peut le résumer en une seule phrase en forme d’adage interrogateur : comment faire partie de l’humanité ? À travers le double meurtre qu’il commet pendant l’éblouissante ouverture du film, Takuro Yamashita fait l’expérience radicale de l’inhumanité. (...) Ce qui est beau dans L’Anguille. c’est la tension ironique et poétique dont est chargé le parcours sinueux de Takuro et, en dernière instance, le doute qui subsiste à la fin, un peu comme dans un film de Buñuel, quant à sa capacité à faire face aux conséquences de sa décision. (...) En définitive, ce qui rend le dernier film d’Imamura tout à la fois drôle, intriguant et finalement très attachant, c’est cette contradiction entre le maximum de contraintes dans lequel se meuvent les personnages et la liberté qu’ils acquièrent à l’intérieur de chaque plan. En d’autres termes, la collision entre l’ordre et le désordre, le télescopage entre la raison et la déraison, le mariage de la maîtrise et du lâchez tout...Tout ce qui fait la persistante singularité de l’art de Shôhei Imamura.                                       Thierry Jousse Les Cahiers du Cinéma

Thierry Jousse Les Cahiers du Cinéma 

Projeté dans le cadre de

Du 23 Octobre 2019 au 15 Novembre 2019
Shôhei Imamura (1926-2006) est l’un des rares cinéastes, et le seul Japonais, à avoir obtenu deux palmes d’or au festival de Cannes.