Eijanaika

Shôhei Imamura - Japon - 1981 - vost - 151' - Couleurs - Numérique

Vers la fin turbulente de l'ère Edo, un homme qui retourne au Japon après son exil en Amérique cherche sa femme et se laisse emporter par l'air de la révolution 

Critique

Imamura montre la fête. Eijanaika emprunte le cheminement imprévu, l’esthétique grotesque de la fête populaire. La fête totale, projetant dans l’humour, les pleurs ou la douleur, le corps du sang comme le corps du sexe, la religion comme le politique. (...) Il y a dans Eijanaika un rapport essentiel avec le temps joyeux, le temps de l’humour. Mais cet humour est grotesque c’est-à-dire qu’il se démarque absolument du discours raisonné pour passer par le discours irraisonné (les jurons que s’envoient continuellement les putains par exemple), ou plus encore par le visuel. (...) Mais la fête d’Eijanaika ne serait pas complète sans sa dimension spirituelle, primordiale aux yeux d’Imamura : « Eijanaika est un mouvement à la fois social, politique et religieux qui engendre la folie des peuples ». Mais ici, le surnaturel devient le plus matériel qui soit, lui aussi se charge de force comique : des petits talismans magiques tombent du ciel au milieu d’une séance de french-cancan endiablée, provoquant l’attroupement final du film. Dernière dimension festive, dimension sanguinolente omniprésente. (...) Le film, comme la fête, se clôt dans le sang (...) La fête est finie, au loin une voile s’éloigne, le rouge est mis... 

 

Antoine de Baecque, les Cahiers du Cinéma 

 

Projeté dans le cadre de

Du 23 Octobre 2019 au 15 Novembre 2019
Shôhei Imamura (1926-2006) est l’un des rares cinéastes, et le seul Japonais, à avoir obtenu deux palmes d’or au festival de Cannes.