Voyages à travers le cinéma français

Bertrand Tavernier - France - 2018 - vofr - 110' - Numérique

Dans Voyages à travers le cinéma français, série documentaire en huit épisodes, le réalisateur Bertrand Tavernier célèbre ses films fondateurs sans céder à la facilité de l'anecdote. Il compile des extraits et des archives, fait partager ses enthousiasmes généreux au-delà des générations, des clivages ou des modes. 

Episode 4: Le Cinéma sous l'occupation, l'avant et l'après-guerre
Episode 5: La Nouvelle Vague de l'Occupation

Critique

« Je ne peux, ni ne veux être exhaustif et je privilégie les films que je connais bien et que j’aime particulièrement. Je veux tenter d’éclairer une œuvre avec quelques films, parler à la première personne. »

Bertrand Tavernier a prolongé cette année en une série de neuf épisodes réalisés pour la télévision son documentaire fleuve sorti au cinéma en 2016. Le titre est le même mais écrit au pluriel, ainsi que la forme et l’idée conductrice : proposer « un exercice d’admiration et de gratitude » (dixit BT) envers les films et les réalisateurs qui ont motivé sa passion pour le cinéma français. L’auteur a circonscrit son sujet des années 30 au début des années 70, excluant la période muette et les films réalisés après ses vrais débuts de metteur en scène (L’Horloger de Saint Paul, 1976). Tavernier n’a pas la prétention de se poser en historien et préfère emprunter les chemins de traverse de la mémoire, de l’amitié et de ses enthousiasmes de cinéphile. Il profite de ce voyage au long cours pour revendiquer ce qui a toujours animé son travail de critique, de programmateur de salle ou d’attaché de presse : la redécouverte de cinéastes injustement oubliés, la défense des outsiders et la réhabilitation de réalisateurs talentueux mais à la mauvaise réputation.(...) De nombreux grands cinéastes ont participé à la richesse incroyable du cinéma hexagonal des années 30 et 40 – la « nouvelle vague » apparue lors de l’Occupation allemande (Clouzot en tête) ; Tavernier refuse au passage d’idéaliser cette période sombre de notre Histoire, souvent décrite de manière très contestable comme un « âge d’or » du cinéma français par certains commentateurs tendancieux. Tavernier ne se montre pas nostalgique. Armé d’une curiosité inétanchable, il guerroie contre l’amnésie et l’ignorance, éclaire de sa subjectivité et de son érudition tout un pan de notre héritage culturel, hostile aux préjugés, aux anathèmes et aux idées toutes faites. « Ces films m’ont donné le goût de la mémoire, rempart essentiel à l’époque des tweets et de la tyrannie du présent. »

Olivier Père, Arte

Projeté dans le cadre de

Du 5 Avril 2019 au 28 Avril 2019
Un paradoxe
Alors que pendant l'Occupation allemande tout manquait, électricité, argent, matériaux pour faire des décors et des costumes, que nombre de ses "génies" (Renoir Ophuls, Duvivier etc.) étaient partis, le cinéma français ne s'est que rarement aussi bien porté … Ce n'était certes pas le paradi