Laissez passer

Bertrand Tavernier - France - 2002 - vofr - 172' - Couleurs - 35mm

A Paris, le 3 mars 1942, sous l'Occupation allemande, deux hommes voient leurs destins se croiser et s'entremêler. D'un côté, Jean-Devaivre, un assistant-metteur en scène, trouve le moyen de camoufler ses activités clandestines de résistant en travaillant pour la Continental, une firme cinématographique allemande dirigée par le Docteur Greven et qui produit des films français depuis 1940. De l'autre, Jean Aurenche, un scénariste-poète, refuse de travailler pour les Allemands et s'engage par la plume dans une lutte héroïque contre l'envahisseur nazi…

Séance du 5 avril à 19h30 présentée par Bertrand Tavernier

Critique

La qualité première du dix-huitième long métrage du très engagé Bertrand Tavernier est  sans doute celle de véhiculer une énergie immense; une énergie de vie, coûte que coûte, de croyance, d'engagement et de passion. Fusionnant avec ses personnages, il les accompagne pas à pas, suivant leur rythme au travers de leurs aventures humaines. Chassé-croisé de deux vies, celle de Jean Aurenche, auteur enagé dans ses écrits (puis, beaucoup plus tard, premier sécnariste de Tavernier !), et de Jean Devaivre, assistant réalisateur passionné, actif dans la résistance, Laissez passer est un témoignage quasi palpable, un hommage à ces hommes et femmes qui ont traversé cette période la tête haute, avec intégrité et foi. Foi en la vie, la liberté et l'engagement. Au travers de ce voyage dans le temps, Tavernier reconstitue la vie au sein de la firme allemande de la Continental Films, princpale productrice des films français durant la seconde guerre mondiale, tandis que le Septième Art tentait de survivre et de garder la tête haute, malgré les humiliations, les privations et la mort. Grâce aux paroles recueillies de la bouche des témoins de cette époque, le réalisateur est parvenu à donner corps et vie, fièrement et pleinement, à ces hommes de coeur, trouvant les détails et anecdotes réels ou inspirés, dramatiques ou cocasses, les plus justes ou colorés. Jamais tiède, Tavernier réalisateur-historien rend un hommage à ses pèresm ses maîtres, leur insufflant ainsi un second souffle de vie.

Sophie Elmoznino

Projeté dans le cadre de

Du 5 Avril 2019 au 28 Avril 2019
Un paradoxe
Alors que pendant l'Occupation allemande tout manquait, électricité, argent, matériaux pour faire des décors et des costumes, que nombre de ses "génies" (Renoir Ophuls, Duvivier etc.) étaient partis, le cinéma français ne s'est que rarement aussi bien porté … Ce n'était certes pas le paradi