Dernier atout

Jacques Becker - France - 1942 - vofr - 105' - Noir et Blanc - 35mm

A Carical, la capitale d'un Etat sud-américain, l'école de police s'apprête à fermer ses portes. La promotion compte deux majors, Montès et Clarence. Pour les départager, les lauréats sont soumis à une épreuve supplémentaire : résoudre une affaire criminelle, le meurtre dans un palace d'un certain Collins, qui était venu là avec sa femme…

Critique

Ancien assistant de Renoir, Jacques Becker signe avec Dernier atout son premier long métrage de fiction. Depuis la guerre, beaucoup de metteurs en scène français (Clair, Renoir, Duvivier...) sont exilés aux États-Unis, laissant la voie libre à une nouvelle génération (Clouzot, Bresson, Autant-Lara...) qui donnera une effervescence créatrice au cinéma de l’Occupation. Dernier atout participe à cette mouvance même si l’œuvre a longtemps été jugée mineure dans la filmographie de l’auteur de Casque d’or. À sa sortie, le film avait pourtant fait la quasi-unanimité critique, de Jacques Audiberti félicitant Becker « d’avoir dans notre temps de carême matériel trouvé les moyens de fabriquer, à l’aide de trois cartes postales de Nice, une ville de l’Amérique du Sud totalement acceptable », à François Vinneuil (alias Lucien Rebatet) appréciant « qu’il y ait encore des Français capables de tourner en faisant leur profit de l’incomparable technique américaine, sans la pasticher ». C’est en effet tout au mérite du jeune réalisateur d’avoir su s’inspirer des grands polars hollywoodiens (on songe à Scarface dans la fusillade finale) et des comédies de l’âge d’or (La Cava, Cukor), tout en les adaptant à un esprit français (les dialogues de Pierre Bost) et au minimalisme dû au manque d’argent : ainsi, il n’avait pas été possible de se procurer de vraies mitraillettes et des jouets d’enfants étaient utilisés, Marguerite Renoir, la monteuse, ayant gratté le positif pour simuler les éclats des balles... 

Gérard Crespo

Projeté dans le cadre de

Du 5 Avril 2019 au 28 Avril 2019
Un paradoxe
Alors que pendant l'Occupation allemande tout manquait, électricité, argent, matériaux pour faire des décors et des costumes, que nombre de ses "génies" (Renoir Ophuls, Duvivier etc.) étaient partis, le cinéma français ne s'est que rarement aussi bien porté … Ce n'était certes pas le paradi