Le Dernier des six

Georges Lacombe - France - 1941 - vofr - 90' - Noir et Blanc - Numérique

Rendez-vous dans cinq ans : tel est l'accord passé entre six amis qui viennent de gagner une fortune au jeu. Cinq années durant lesquelles ils devront faire fructifier le magot avant de le partager. A la date des retrouvailles, ils disparaissent mystérieusement les uns après les autres : le premier se volatilise au cours d'une croisière, le second est tué par balle, un troisième trouve la mort au music-hall, un quatrième est poignardé dans sa chambre d'hôtel. Le commissaire Wens, aidé pour la circonstance par la chanteuse Mila Malou, est chargé de démasquer l'assassin, sans doute l'un des deux survivants...

Séance du mercredi 10 avril à 17h00 présentée par Christine Leteux et suivie par un Café cinéma animé par l'Association des Amis, ainsi qu'un apéro offert 

Critique

(...) Mais le film tire surtout sa réputation de son scénariste prestigieux, Clouzot, qui reprendra le héros interprété par Pierre Fresnay l’année suivante dans son L’assassin habite au 21. S’il adapte un roman de Steeman, il ajoute le personnage de Suzy Delair, idiote insupportable qui ne sera pas pour rien dans le succès. Il faut dire qu’elle est réjouissante de mauvaise foi, et Clouzot lui réserve des répliques de haut vol. D’une manière générale, les dialogues sont d’ailleurs très écrits (voir le gimmick : « patient mais ... »), ils sentent le mot d’auteur très « qualité française » mais par l’abattage de comédiens rompus à tous les exercices. On s’émerveille de leur impeccable diction qui fait passer pour naturelles des phrases artificielles en diable, on se réjouit de voir les numéros de Jean Tissier, hélas peu présent, ou d’André Luguet. Mais c’est évidemment le couple vedette qui épate constamment : la désinvolture de Fresnay, qui ne semble pas bien préoccupé par l’enquête, s’oppose aux crises de Suzy Delair ( la recherche du gant est un grand moment) et leur duo prend le pas sur une intrigue dont tout le monde se moque.
Pour nous, Le Dernier des six est aussi un document sur un Paris disparu, celui des cabarets mais également celui des hôtels miteux et des quartiers pauvres, même si le film, tourné en studio, pendant l’Occupation, a quelque chose d’irréel. Ajoutée à des jeux d’acteurs passionnants, à des répliques d’une grande drôlerie, cette valeur testimoniale donne une œuvre certes superficielle, mais au charme indéniable.

François Bonini

Projeté dans le cadre de

Du 5 Avril 2019 au 28 Avril 2019
Un paradoxe
Alors que pendant l'Occupation allemande tout manquait, électricité, argent, matériaux pour faire des décors et des costumes, que nombre de ses "génies" (Renoir Ophuls, Duvivier etc.) étaient partis, le cinéma français ne s'est que rarement aussi bien porté … Ce n'était certes pas le paradi