La Main du Diable

Maurice Tourneur - France - 1943 - vofr - 82' - Noir et Blanc - Numérique

Randonneurs et touristes se retrouvent pour dîner dans un relais de montagne. Un homme étrange et visiblement inquiet (Pierre Fresnay) fait irruption et demande une chambre. Il porte avec lui un mystérieux paquet qu’il ne quitte pas des yeux. Soudain, un orage éclate provoquant une coupure de courant. Lorsque la lumière revient, le paquet a disparu et l’homme est désespéré. Il raconte alors son histoire…

Séance du samedi 6 avril à 15h00 présentée par Betrand Tavernier

Critique

(…) La Main du diable est l’adaptation d’une courte nouvelle de Gérard de Nerval (La Main enchantée) publiée en 1832.  Jean-Paul Le Chanois, scénariste juif et communiste, rédige ce script avec une liberté somme toute assez surprenante au sein de la Continental. Basé sur le mythe de Faust, le drame est transposé dans les années 40 et raconte l’étrange destinée d’un peintre sans grand talent. Néanmoins, si Le Chanois s’oppose au pouvoir en place, il ne développe évidemment pas cette idée dans son scénario. Un script qui reste avant tout divertissant et fantastique. Une fois l’écriture terminée, Tourneur s’attaque au tournage et bénéficie des moyens conséquents de la Continental. Mais alors qu’il finalise ses prises de vue, il apprend la séquestration de son épouse par les Allemands. Tourneur laisse alors sa place à Jean Devaivre, son assistant réalisateur, connu par la suite pour avoir été  un résistant infiltré au sein du milieu cinématographique français sous l’occupation. La destinée de Devaivre pendant cette période sera d’ailleurs remarquablement mise en scène par Bertrand Tavernier dans Laissez-Passer en 2002. (…) A la fois film fantastique et divertissement, La Main du Diable peut être vu comme une parabole des années Continental. Une période pendant laquelle un studio dirigée par les Nazis voyait éclore des talents juifs ou appartenant à la résistance ! Une période où ces jeunes pousses ont été capables de produire des œuvres légères dans un contexte terrifiant. A l’image de cette période riche en paradoxes, le film de Tourneur offre différents points de vue. Celui de la peur qui laissera la majorité des spectateurs d’aujourd’hui indifférents, celui du fantastique bénéficiant de quelques fulgurances inoubliables et celui du pur divertissement.(…)

François-Olivier Lefèvre

Projeté dans le cadre de

Du 5 Avril 2019 au 28 Avril 2019
Un paradoxe
Alors que pendant l'Occupation allemande tout manquait, électricité, argent, matériaux pour faire des décors et des costumes, que nombre de ses "génies" (Renoir Ophuls, Duvivier etc.) étaient partis, le cinéma français ne s'est que rarement aussi bien porté … Ce n'était certes pas le paradi