L'Assassin habite au 21

Henri-Georges Clouzot - France - 1942 - vofr - 84' - Noir et Blanc - Numérique

Plusieurs crimes signés d’un mystérieux M. Durand sont commis à Montmartre. Grâce à un informateur, le commissaire Wens découvre que l’assassin habite dans une pension au 21, rue des Lilas. Déguisé en pasteur, le policier s’y installe et observe les pensionnaires, tour à tour accusés puis innocentés, tout en étant aux prises avec l’affection maladroite et encombrante de son amie Mila Malou, qui s’est mis en tête de résoudre l’affaire…

Séance du mercredi 10 avril à 21h00 présentée par Christine Leteux 

Critique

Paris est sous la menace d’un assassin qui laisse une ironique signature : Monsieur Durand. L’inspecteur Wens découvre que le coupable se cache parmi les clients de la pension Mimosas, au 21, avenue Junot…

Un plateau de jeu (la pension), quel­ques pions colorés (ses habitants), et la partie de Cluedo peut commencer, som­­bre, malicieuse. Le roman du Belge Sta­nislas-André Steeman s’ingénie à égarer le lecteur-détective de fausse piste en chausse-trape, jusqu’à la pirouette finale. Si le procédé est classique, façon Agatha Christie, le résultat à l’écran l’est beaucoup moins : goguenard, l’auteur croquait quelques belles tranches d’humanité.

Pour son premier film, Clouzot adapte ce pessimisme ironique à son univers. Au passage, il prend quelques libertés. Occupation oblige, l’assassin, de Londres, déménage à Paris. Les héros du Dernier des sixprécédente adaptation d’une œuvre de Steeman, sont chargés de l’enquête : l’inspecteur Wens (Pierre Fresnay, magistral) et son enquiquineuse de petite amie, Mila Malou (pétulante Suzy Delair). Mais surtout, entre humour et cruauté, le jeu policier prend un étrange et dérisoire relief, une véritable profondeur psychologique. Un régal, qui annonce un chef-d’œuvre à venir, Le Corbeau.

Cécile Mury, Télérama

Projeté dans le cadre de

Du 5 Avril 2019 au 28 Avril 2019
Un paradoxe
Alors que pendant l'Occupation allemande tout manquait, électricité, argent, matériaux pour faire des décors et des costumes, que nombre de ses "génies" (Renoir Ophuls, Duvivier etc.) étaient partis, le cinéma français ne s'est que rarement aussi bien porté … Ce n'était certes pas le paradi