Duel au soleil

King Vidor - Etats-Unis - 1946 - vost - 144' - Couleurs - 35mm

Scott Chavez est exécuté pour les meurtres de son épouse et de l’amant de celle-ci. Avant de se livrer à la police, il a envoyé Pearl, sa fille, une belle et impétueuse métisse, chez des cousins éloignés, les McCanles. Lewton et Jesse McCanles s’éprennent de la jeune femme. Le premier, un vrai voyou, est impulsif et passionné tandis que le second, brillant étudiant, est la douceur incarnée. Attirée par les deux garçons à la fois, Pearl ne sait que faire...

Critique

A l’origine produit par la RKO, le film atterrit chez Selznick dès qu’il fut question de confier le rôle de Pearl à Jennifer Jones. Selznick était décidé à en faire un événement aussi retentissant qu’Autant en emporte le vent. King Vidor quitta le plateau, fut remplacé par William Dieterle, et Josef von Sternberg participa également à l’aventure. Ce qui aurait pu n’être qu’un western romantique devint, grâce à son producteur, une oeuvre fulgurante, au Technicolor enflammé, où les passions sont exacerbées, prenant le pas sur une approche psychologique traditionnelle. Cette histoire d’amour fou et de femme fatale pourrait paraître exagérée, mais la beauté du film, la mise en scène et le talent des interprètes en font un magistral poème de désir et de mort, très audacieux pour le prude cinéma hollywoodien de l’époque. Un chef-d’oeuvre. 

Aurélien Ferenczi, Telerama

Projeté dans le cadre de

17 février 2019
Duel au Soleil
Rui Nogueira, passeur passionné et ancien directeur du CAC Voltaire devenu Les Cinémas du Grütli, est invité une fois par mois pour présenter une perle de l'histoire du cinéma.