JFK

Oliver Stone - USA, Canada, Etats Unis - 1992 - vost - 189' - Couleurs - 35mm

Suite à l'assassinat du président John F. Kennedy, le procureur de la Nouvelle Orléans, Jim Garrison remet en cause le rapport du commissaire Warren. Ce dernier avait clôturé l'affaire en trouvant le parfait coupable, Lee Harvey Oswald. Pourtant avant d’être abattu par un tireur isolé, le suspect avait toujours nié sa culpabilité. Pour Garrisson, il est impossible que l’homme ait agi seul. Persuadé qu'un complot se trame, Garrison explore des pistes occultées et comprend vite que la CIA, le FBI et le Pentagone ont joué un rôle déterminant dans cette affaire. Prêt à tout pour faire éclater la vérité au grand jour, le procureur devient très vite l'homme à abattre..

Critique

L'envie ou plutôt la nécessité de projeter ce film, je la dois autant à l'enfant que j'étais jadis, qu'à l'homme que je suis devenu aujourd'hui. J'avais douze ans lorsque j'ai vu ce film en cassette vidéo à l'époque, et je n'oublierais jamais le choc que je ressenti lorsque le cinéaste nous montre, que dis-je, nous envoie à la face la terrible image en super 8 de la balle fatale qui tua le président Kennedy sur le haut du crâne; une image simple, insoutenable, inoubliable; une image qui est, et de très loin je le pense, un témoignage de notre Temps, un symbole de l'infamie de notre monde actuel: le Mensonge.
 
JFK est, à mon sens, un film fondamental dans l'histoire du cinéma, car il est la seule et unique tentative de la part d'un artiste de faire éclater la Vérité sur ce qui est vraisemblablement la plus atroce tragédie du 20ème siècle: l'assassinat présumé d'un Président orchestré par son propre gouvernement afin de favoriser l'industrie de la Guerre. A ce titre, on aurait pu s'attendre à un film de contre propagande ou pire, à une œuvre de consensus commun, itération fréquente des Studios hollywoodiens, qui n'osent s'engager sur la voie du véritable pamphlet.
 
C'est là qu'Oliver Stone tire son épingle du jeu, et se sert de son génie pour mieux enfoncer le clou - ou devrais-je dire, pour mieux crucifier les coupables; Le réalisateur ne nous donne pas un documentaire fictionnant tiède et méthodique; il nous délivre une œuvre dramatique magistrale, aussi féroce que terriblement humaniste sur une multitude de personnages et d'évènements qui ont participé à la création de ce golem médiatique, de ce drame national et hypocrite. Oliver Stone dans un élan prophétique et salvateur va jusqu'à pulvériser les règles et les codes habituels du montage pour composer un tissu dramatique incroyablement riche composé d'images d'archives, de reconstitution actuelles, de documents publiques ou de secrets jamais dévoilés jusqu'alors; il brasse, il agite, il enflamme l'esprit du spectateur dans un maelstrom irrésistible qui n'a de cesse d'appuyer la thèse de plus en plus incontournable du metteur en scène et du véritable Procureur Garrison, en charge de l'affaire: Oui, l'Amérique a trompé son peuple et tué son Roi. Oui, nous Autres Citoyens du Monde nous ne sommes plus à présent que des Hamlet, des fils détournés du Bien et de la Vérité, alors qu'un faux père s'est emparé du trône de la démocratie.
C'est cette Force de Persuasion, ce Panache tout Puissant, qui s'exprime autant par le verbe que par la forme cinématographique la plus noble, qui m'ont donné envie de partager ce film avec Vous. 
 
Alexandre Calamel, Atlantis

Projeté dans le cadre de

12 Décembre 2018
JFK d'Oliver Stone
Tous les cinéphiles ont des « films de leur vie » comme on a « des livres de chevet », des films qu’ils aiment par-dessus tout, sans que ce soient forcément des chefs-d’oeuvre qui resteront dans l’histoire du cinéma.