Vive la mort

Francis Reusser - Suisse - 1969 - vost - 79' - Couleurs - Numérique

Un homme et une femme font un voyage alpestre au cours duquel ils rencontrent différents personnages caractéristiques de la société suisse et commettent un double meurtre symbolique.

Critique

Plus jeune que Tanner, Soutter et Goretta, les initiateurs du nouveau cinéma suisse, Francis Reusser est celui qui, selon Frédéric Maire, «représente le mieux l’esprit de 68, la volonté de changement, le bouillonnement de la jeunesse», alors que ses aînés portent déjà un point de vue analytique sur la rébellion. 

Pour son premier long métrage de fiction, Francis Reusser emprunte aux franquistes leur cri de ralliement, «Viva la muerte». Le tournage de ce «cri du cœur un peu violent» s’est échelonné, s’il en croit ses souvenirs, entre 1967 (un calendrier mural fait foi) et 1968, et dans le désordre. «On faisait des films pour devenir cinéaste», rappelle-t-il.

Sélectionné lors de la première Quinzaine des réalisateurs à Cannes, en 1969, Vive la mort puise ses couleurs à la satire sociale et à l’histoire d’amourConstruit de manière fragmentée, il se réfère au surréalisme de Buñuel et aux coq-à-l’âne de Godard («Le métal, c’est vraiment un truc glaçant. Moi, je préfère le plastique, ça ne vieillit pas»). La bande-son est de Patrick Moraz, futur clavier de Yes, le supergroupe de rock progressiste des années 70.

Antoine Duplan, Le Temps

Projeté dans le cadre de

Du 5 Décembre 2018 au 18 Décembre 2018
Jeudi 29 novembre 2018, les Cinémas du Grütli ont reçu le cinéaste suisse Francis Reusser pour une avant-première de son dernier film La Séparation des Traces.