Le dernier des Hommes

Friedrich Wilhelm Murnau - Allemagne - 1924 - vost - 87' - Numérique

Le portier de l'Atlantic, sanglé dans son uniforme rutilant, vaque à ses solennelles occupations devant la porte tambour du luxueux hôtel. Mais une malle à porter jusque dans le hall, la fatigue qui le terrasse alors, le verre de vin qu'il boit pour se restaurer, l'œil du gérant qui surveille la scène vont le condamner à renoncer à son uniforme. Il est alors chargé de s'occuper des lavabos, véritable déchéance à ses yeux, qu'il vit comme un drame, sous la risée de ses voisins...

Critique

Les contes d'Andersen ont ceci de magique qu'on peut les résumer à une simple maxime ou bien plonger dans chaque détail comme dans un univers poétique. Le Dernier des hommes a cette force jubilatoire. Du jour au lendemain, le portier d'un palace se trouve relégué aux chiottes. Plus assez costaud pour porter les valises. On lui retire alors la splendide redingote qui faisait toute sa fierté. Sans sa belle livrée à boutons dorés, il n'est plus qu'un vieillard rabougri. Jusqu'au jour où un riche client meurt et lui lègue sa fortune. A partir de ce scénario digne d'un conte enfantin dont la maxime serait "Il n'est point de fortune sûre et certaine", Murnau montre son époque, les années folles, sur un mode "expressionniste". Expressionniste, Murnau ? En fait, il exploite toutes les ressources techniques dont dispose alors le cinéma : expressivité rigolarde des visages en gros plan, hallucinogène lenteur des mouvements de personnages, premiers travellings de l'histoire du cinéma, stylisation graphique des décors, déformation de l'image pour traduire une perception mentale, inquiétante étrangeté de chaque plan digne de dessins de Léon Spilliaert... Mais le plus stupéfiant, c'est la capacité qu'a le cinéaste à faire entendre dans un film muet, par la musique des images, la folie d'un monde qui vacille. 1924. Folie des fortunes qui se font et se défont à une vitesse vertigineuse à la loterie de la Bourse sur le dos d'une Allemagne ruinée. André Breton publie le Manifeste du surréalisme. Kafka meurt. Les bruits de bottes des périls à venir sont tout proches.

Luc Arbona, les Inrocks

F.W. Murnau schuf mit Der letzte Mann einen Höhepunkt des Stummfilms, der dem Regisseur zu internationaler Berühmtheit verhalf und es im Hinblick auf seine ungewöhnliche Thematik und revolutionäre Umsetzung verdient, als „zeitlos“ anerkannt zu werden. Der stolze Portier (Emil Jannings) des renommierten Hotels „Atlantic“ wird wegen seiner zunehmenden Altersschwäche von seinem Vorgesetzen zum Toilettenmann, dem „letzten Mann“ in der Hotelhierarchie, degradiert. Um sein Ansehen zu wahren, stiehlt der ehemalige Portier seine alte Uniform…

In filmtechnischer Hinsicht erwies sich Der letzte Mann als wegweisend für die Filmgeschichte: Karl Freund „entfesselte“ seine Kamera und ermöglichte damit Kamerafahrten, die den Protagonisten durch die expressionistische Großstadtkulisse begleiten; ferner schufen Murnau und Freund Spezialeffekte, man denke beispielsweise an die Traumsequenz, die angesichts des Alters des Films überraschend authentisch wirken.

Falko Fröhner

Projeté dans le cadre de

10 Décembre 2018
Ciné-concert: Le Dernier des Hommes
K!no, Le Ciné-club allemand, organisé en collaboration avec l’Unité d’Allemand de l’UNIGE, l’Ifage, le Deutscher Internationaler Club in Genf (DICG) et la Société genevoise d’études allemandes, vous donne rendez-vous pour un ciné-concert exceptionnel du film muet de