Le Silence

Ingmar Bergman - Suède - 1963 - vost - 96' - Noir et Blanc - Numérique

Deux sœurs, Anna et Ester, accompagnées de Johan, le fils d'Anne rentrent en Suède après un voyage à l'étranger. Dans le train, Ester est prise d'un violent malaise. Elles font halte dans le grand hôtel d'une ville inconnue, au milieu de gens qu'elles ne comprennent pas. 

Critique

Considéré comme l’un des films les plus sexuellement provocants de Bergman, Le Silence conte le récit de trois solitudes évoluant dans un univers spirituel vide et incompréhensible pour elles – il s’agit du dernier volet de sa trilogie sur « l’absence de Dieu ». Une sensation d’oppression se dégage durant tout le film, renforcée par l’effet de huis clos : les rares fois où la caméra quitte l’hôtel, ce sera pour accompagner les protagonistes dans des endroits fermés comme le train ou la salle de cinéma. La majeure partie de cette œuvre est vue à travers les yeux du jeune Johan, de son périple en train à ses déambulations à travers l’hôtel, lui qui évolue dans ce monde qu’il ne comprend pas mais qu’il veut tenter de décrypter. C’est également lui qui sert de lien entre les deux femmes, Ester et Anna, lesquelles se jalousent l’attention et l’amour du garçon. Bien que sœurs, ces deux héroïnes sont radicalement opposées, Ester incarnant l’esprit et Anna le corps. Toutefois, le traitement esthétique que leur accorde Bergman sera similaire : la caméra scrute leur corps comme rarement auparavant et montre leur soif de désir que ces deux femmes assouviront différemment, sans véritable satisfaction. Le Silence est un film d’une grande noirceur que vient toutefois contrebalancer le personnage de Johan, petite lueur d’espoir et premier pas vers une forme de communication entre les êtres.

Carlotta

Projeté dans le cadre de

Du 28 Novembre 2018 au 18 Décembre 2018
Rétrospective
Bergman est né il y a cent ans. Occasion de célébrer un géant du cinéma mondial, un cinéaste qui fit d'abord entrer le sexe et la guerre des sexes au coeur du cinéma européen, avec Monika, Sourires d'une nuit d'été ou La fontaine d'Aréthuse.