L'Amour flou

Romane Bohringer, Philippe Rebbot - France - 2018 - vofr - 97' - Couleurs - Numérique

Romane et Philippe se séparent. Après 10 ans de vie commune, deux enfants et un chien, ils ne s’aiment plus. Enfin… ils ne sont plus amoureux. Mais ils s’aiment, quand même. Beaucoup. Trop pour se séparer vraiment? Bref…C’est flou.

Critique

Ah ! Quel courant d’air frais ! Quelle grâce naturelle ! Quel art de se raconter soi-même sans embêter le monde ! Et, mieux encore, de donner à un cas très particulier, dans la mesure où c’est l’histoire d’un couple qui se sépare en continuant de vivre avec ses enfants dans un « sépartement », l’impression de parler à tout le monde ! Romane Bohringer et Philippe Rebbot ont bien fait de s’inspirer de leur propre expérience. C’est si tendre, si plein de vie, si plein d’amour, même au bout du rouleau ! En un mot, on aime tout de ce film libre, qui s’ébroue avec bonheur et qui a raflé, partout dans les festivals, le prix du public.

Pierre Vavasseur, Le Parisien

 

Papa d’un côté, maman de l’autre, les enfants au milieu. Le récit d’une rupture réussie.

Papa et maman se sont follement aimés, mais ils ne s’aiment plus. Ou tout du moins pas assez pour continuer à vivre ensemble. Comment, alors, ne pas laisser « deux petits pingouins posés sur la banquise de notre couple », comme le dit joliment Philippe à sa psy ?

Romane a une idée, folle, mais qui pourrait être viable avec beaucoup d’aménagements mutuels : un « sé-partement » ou un grand appartement coupé en deux (chacun chez soi, pour « refaire sa vie »), avec la chambre des enfants comme seule pièce communicante. Ceci est la vraie histoire du couple d’acteurs Romane Bohringer et Philippe Rebbot : une autofiction d’une liberté folle, filmée par eux-mêmes et financée à la « qui filmera d’abord verra ensuite ». Au casting, les vrais parents et vrais amis, qui jouent, certains, l’enthousiasme devant cette singulière solution, et d’autres les oiseaux de mauvais augure.

Plein de tendresse, mais — miracle — sans un poil d’exhibitionnisme, cet Amour flou en profite pour questionner les nouveaux schémas amoureux, date de péremption de maternité et GPA comprises. Le film est aussi l’occasion de fondre, à nouveau, devant ce grand gamin de Philippe Rebbot. Ses discussions avec Reda Kateb, qui, lui, s’amuse à incarner un obsédé de la race canine, sont un régal. Et on sait maintenant que l’humour Rebbot est familial quand on entend ses frères transformer Philippe, «l’ex de Romane», en «annexe de Romane»!

Guillemette Odicino, Télérama