Genesis 2.0

Christian Frei, Maxime Arbugaev - Suisse - 2018 - vost - 113' - Couleurs

Sur les lointaines îles de Nouvelle-Sibérie, dans l’océan arctique, des chasseurs prospectent, à la recherche de défenses des mammouths disparus. Un jour, ils découvrent un cadavre de mammouth étonnamment bien conservé. La résurrection du mammouth laineux est l’une des premières manifestations de la prochaine grande révolution technologique – la génétique. Elle pourrait bouleverser notre monde.

Critique

Nous autres humains oscillons depuis la nuit des temps entre deux stratégies foncièrement différentes de l’explication du monde et de l’absorption du monde. Nous sommes tiraillés entre raison et légende, entre connaissance et diabolisation, entre logos et mythos. Dès qu’une nouvelle donne arrive, dès qu’une nouveauté ne peut plus être expliquée avec les règles tirées de l’expérience du quotidien, dès que nous n’arrivons plus à comprendre, cela devient intéressant. Survient alors soit la curiosité, soit la défense. Vouloir comprendre ou avoir peur. Genesis 2.0 mène le spectateur dans un monde inconnu, exotique qui n’a rien à voir avec nos expériences quotidiennes et donc très séduisant comme expérience filmique. Pendant longtemps nous ne comprenons pas ce que les hommes cherchent. Ce qui les meut. Peu à peu, nous réalisons qu’ils sont dans une espèce de ruée vers l’or. Nous apprenons leurs rêves, leurs espoirs et leurs angoisses. Et assistons à la réalité crue et à la lutte pour la survie. Dès que nous arrivons à nous orienter un peu et nous sentons plus sûrs, nous sommes confrontés à un monde encore plus inconnu et plus exotique. Tout à coup apparaissent dans le film ces hommes qui clonent. Et lentement nous réalisons ce qui est leur intention avec le mammouth. À nouveau nous sommes balancés entre curiosité et défense. Entre vouloir comprendre et diaboliser. 

Propos du réalisateur, Christian Frei, Dossier de presse

“Une incursion dans le ‘big data’ biologique qui fait froid… dans le dos.”

Boris Senff, Tribune de Genève